À Millau, 200 opposants déversent une tonne de lisier contre l'usine Cyclamen
Millau : 200 opposants et une tonne de lisier contre Cyclamen

Une mobilisation massive contre l'usine Cyclamen à Millau

Près de 200 personnes ont défilé ce samedi dans les rues de Millau pour manifester leur opposition au projet d'implantation de l'usine Cyclamen, spécialisée dans le recyclage de métaux non ferreux. Derrière un cortège de 14 tracteurs aux remorques décorées, les manifestants, répondant à l'appel du collectif Vigilance Environnement Millau (VEM), ont exprimé leur inquiétude quant aux risques sanitaires et environnementaux liés à ce projet.

Un territoire à préserver

Le collectif VEM, qui dénonce depuis des mois le manque de transparence et les non-conformités répétées de Cyclamen sur son site mosellan, a appelé à cette mobilisation pour rappeler que le territoire "mérite d'être respecté et protégé". "On a la chance de vivre ici, avec ses Grands Causses, son agriculture et son tourisme. Nous ne voulons pas qu'il soit souillé par ce genre d'entrepreneurs", a souligné le porte-parole du collectif. Les craintes des habitants sont multiples : émissions de poussières, traitement des eaux usées, et trafic de camions généré par l'usine. "En Moselle, les problèmes de pollution et les mises en demeure se multiplient, rappelle un membre de VEM. Cyclamen utilise un procédé low cost alors que d'autres entreprises font la même chose sans produire de poussière. Le Sud-Aveyron mérite mieux."

Une opposition unie et déterminée

La manifestation s'est conclue par un geste symbolique : une tonne de lisier a été déversée devant la sous-préfecture, illustrant le rejet du projet. "Nous ne sommes pas contre l'industrie, mais nous exigeons des garanties sur l'impact réel de ce projet", ont insisté les organisateurs. Dalila Belaid Artis, élue d'opposition (Alternative de Gauche), a renforcé ce message : "Dire non à Cyclamen, c'est dire non à une pratique non respectueuse de l'environnement. C'est aussi dire non à un projet qui a été monté entre l'État et Cyclamen pour minimiser les risques et passer sous les radars." Malgré les assurances du maire Christophe Saint-Pierre qui dit attendre les conclusions du tribunal administratif avant de se prononcer, l'élue d'opposition de la ville de Millau reste déterminée. "La justice met du temps, mais nous, nous continuons à dire non."

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un débat toujours vif

Alors que la préfecture de l'Aveyron a autorisé le démarrage de l'activité en novembre 2025, les opposants à l'origine du recours administratif rappellent que des non-conformités majeures persistent sur le site mosellan, où un nouvel arrêté préfectoral a été émis le 9 avril 2026 pour exiger des analyses complémentaires. "Le champagne a été sabré un peu vite", ironisait VEM dans son dernier communiqué, soulignant que la société n'avait jamais démontré "une conformité totale à ses engagements". Une nouvelle mobilisation plus fréquentée que la première organisée en début d'année qui confirme la détermination des manifestants. "Nous voulons des projets irréprochables pour préserver notre écosystème et le transmettre intact", concluent les manifestants.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale