Cyrielle Chatelain exhorte Macron à quitter X pour un acte politique fort
Chatelain exhorte Macron à quitter X pour un acte politique fort

Cyrielle Chatelain exhorte Macron à quitter X pour un acte politique fort

La présidente des députés écologistes, Cyrielle Chatelain, a lancé un appel pressant lundi à Emmanuel Macron, l'exhortant à « quitter X » sans délai. Dans une démarche qui vise à créer un effet d'entraînement, elle souhaite que ce départ présidentiel incite d'autres personnalités, en particulier des journalistes, à abandonner également le réseau social propriété d'Elon Musk.

Une lettre consultée par l'AFP

Dans un courrier officiel dont l'Agence France-Presse a pris connaissance, la cheffe du groupe écologiste à l'Assemblée nationale adresse un message sans équivoque au chef de l'État. « La fermeté ne peut souffrir d'aucune ambiguïté », écrit-elle avec conviction. Elle souligne une contradiction apparente dans la communication présidentielle : « Vous ne pouvez dénoncer la dangerosité des plateformes et utiliser X comme principal levier de communication pour l'Élysée et pour vous-même ».

Le contexte judiciaire pesant sur X

La députée de l'Isère rappelle avec insistance les récentes perquisitions menées par la justice française dans les locaux de X. La plateforme numérique fait actuellement l'objet d'une enquête préliminaire approfondie, initiée à partir de signalements remontant au début de l'année 2025. Ces signalements dénonçaient initialement un biais présumé dans les algorithmes de la plateforme.

L'enquête s'est considérablement élargie par la suite, suite à de nouveaux signalements concernant le fonctionnement de l'outil d'intelligence artificielle Grok. Ces alertes ont mis en lumière la diffusion préoccupante de contenus négationnistes et de deepfakes à caractère sexuel sur la plateforme.

Les investigations judiciaires portent désormais sur des soupçons graves, notamment :

  • Complicité de détention d'images à caractère pédopornographique
  • Contestation de crime contre l'humanité, relevant du négationnisme

En réponse à ces actions judiciaires, X a vivement dénoncé ce qu'elle qualifie d'« acte judiciaire abusif », affirmant qu'il reposerait sur « des motivations politiques ».

L'influence persistante de X malgré les controverses

Cyrielle Chatelain reconnaît que la plateforme subit déjà certaines conséquences de ces affaires. Elle note avec précision que « à la fin de l'année 2025, la plateforme est sortie du top 50 des marques les plus visitées ». Cependant, elle tempère immédiatement cette observation en soulignant que X « demeure un outil privilégié par une grande partie de la classe politique et reste une référence centrale pour de nombreux journalistes politiques ».

La députée écologiste développe une analyse percutante de la situation actuelle : « A n'en pas douter, le fait que votre compte et celui de l'Élysée y restent actifs, perpétue l'idée que cette plateforme est indispensable et inoffensive ». Elle estime que le choix de communication du chef de l'État possède un caractère fortement prescripteur en ce qui concerne les réseaux sociaux de référence pour les journalistes.

Un appel à l'action politique symbolique

Le cœur de son argumentation repose sur la puissance symbolique d'un geste présidentiel : « En quittant X, vous impulserez un acte politique fort, adressé à la fois aux responsables politiques, aux médias et à la direction de la plateforme ». Cyrielle Chatelain, dont le propre compte X est inactif depuis janvier 2025, appelle ainsi à une forme de désobéissance numérique concertée.

Elle constate que si certains responsables politiques ont effectivement fait le choix de quitter la plateforme, à l'instar du ministre macroniste de l'Économie Roland Lescure, ils constituent encore une minorité très limitée. Les chefs des principaux partis politiques continuent tous d'utiliser activement X, y compris Marine Tondelier, la dirigeante des Écologistes. Cette dernière a justifié son maintien sur la plateforme par sa volonté de ne pas laisser l'espace numérique « à l'extrême droite ».

Cette divergence au sein même du camp écologiste illustre la complexité des enjeux entourant la présence des personnalités politiques sur les réseaux sociaux controversés. L'appel de Cyrielle Chatelain s'inscrit donc dans un débat plus large sur l'éthique numérique, l'influence des plateformes et la responsabilité des décideurs publics dans leur choix de communication.