Sophie Binet (CGT) exige un plafond des prix du carburant à 1,70 euro le litre
CGT : plafond carburant à 1,70€ exigé par Sophie Binet

Sophie Binet (CGT) exige un plafond des prix du carburant à 1,70 euro le litre

Dans un entretien accordé à Ouest-France et publié lundi 6 avril 2026, Sophie Binet, la leader de la Confédération Générale du Travail (CGT), a lancé un appel pressant pour la mise en place d'un « prix maximum à la pompe de 1,70 euro ». Cette déclaration intervient à la veille d'une rencontre cruciale entre les syndicats et les ministres de l'Économie, du Travail et de l'Énergie, dans un contexte de flambée des coûts de l'énergie.

Un contexte de hausse alarmante des prix

Alors que les prix de l'essence et du gazole ont dépassé la barre symbolique des 2 euros le litre en France, principalement en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, Sophie Binet estime qu'une intervention régulatrice est indispensable. « Il faudrait fixer un prix maximum à la pompe, de 1,70 euro par exemple, en limitant les prix de vente des pétroliers », a-t-elle affirmé. Elle pointe du doigt les « marges énormes et des bénéfices record » réalisés par ces entreprises, citant notamment l'exemple de TotalEnergies, dont les traders auraient spéculé sur la crise pour engranger un milliard de bénéfices en mars.

Vers un retour des tarifs réglementés

La CGT ne se limite pas à la question du carburant. Le syndicat plaide également pour le retour des tarifs réglementés sur les prix du gaz et de l'électricité, qui seraient fixés en fonction des coûts de production réels plutôt que des fluctuations du marché. Cette approche vise à protéger les consommateurs et les professionnels les plus vulnérables, souvent des femmes travaillant dans les secteurs de l'aide à domicile ou du médico-social, qui dépendent fortement de leur véhicule pour exercer leur activité.

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Les revendications syndicales et l'impact social

Sophie Binet a précisé que lors de la réunion prévue à Bercy, la CGT compte demander « le blocage des prix, l'augmentation du Smic et des salaires », en commençant par ceux des aides à domicile. Cette position est soutenue par une pétition en ligne lancée par une aide à domicile syndiquée à la CGT, qui a recueilli plus de 50 000 signatures en quelques jours sous le slogan « refuser de payer pour travailler ». La hausse des prix de l'énergie fragilise en effet ces professions, déjà précaires, qui ne peuvent se passer de leur véhicule.

Les chiffres actuels et les réponses gouvernementales

Les données récentes illustrent l'urgence de la situation. Vendredi dernier, le gazole, carburant routier le plus utilisé en France, se vendait en moyenne à 2,282 euros le litre, selon un calcul de l'AFP basé sur les prix rapportés par environ 8 500 stations. Ce chiffre contraste fortement avec les 1,72 euro enregistrés avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. Face à cette crise, le gouvernement a annoncé des mesures, notamment un « prêt flash carburant » en partenariat avec Bpifrance, destiné à soutenir la trésorerie des petites entreprises les plus exposées. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a également promis de nouvelles aides ciblées.

Cette demande de plafonnement des prix par la CGT s'inscrit dans un débat plus large sur la régulation du marché de l'énergie et la protection du pouvoir d'achat des Français, alors que les tensions internationales continuent de peser sur l'économie.

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