Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, rejette le terme « racisé » et dénonce les assignations identitaires
Bagayoko rejette « racisé » et dénonce les assignations identitaires

Le maire de Saint-Denis rejette l'étiquette « racisé » et appelle à dépasser les assignations identitaires

Bally Bagayoko, le tout nouveau maire Insoumis de Saint-Denis, a pris position contre l'utilisation du terme « racisé » dans le débat public. Lors d'un entretien avec Benjamin Duhamel, il a déclaré qu'aucun habitant des quartiers populaires ne se qualifierait spontanément de cette manière, préférant se définir comme un « héritier de l'immigration ».

Un terme qui divise plus qu'il n'unit

Le maire souligne que le mot « racisé », forgé dans les années 1970 dans le creuset des sciences sociales pour décrire la racisation des minorités par un groupe dominant, a été détourné de son sens originel. Il estime que son utilisation actuelle, promue par certains militants d'extrême gauche, transforme cet outil analytique en un instrument de fracturation identitaire.

Bagayoko critique vivement cette approche qui, selon lui, revient à segmenter le monde entre blancs-dominants d'un côté et racisés-dominés de l'autre. Il rappelle que le concept biologique de race n'existe pas et que classer les individus sur cette base, en l'appliquant uniquement aux personnes « de couleur », perpétue une vision problématique où le « blanc » serait l'étalon neutre.

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Le parallèle troublant entre extrêmes

L'élu dénonce un parallèle fascinant et inquiétant entre les extrêmes politiques. D'un côté, une extrême droite décomplexée utilise une grille de lecture ethnique pour opposer un électorat populaire généralement « blanc » aux immigrés. De l'autre, une extrême gauche fait de l'islam et de la couleur de peau des éléments centraux de l'identité des quartiers populaires, les présentant comme victimes systémiques du racisme des « blancs ».

« Assigné à résidence identitaire », c'est ainsi que Bagayoko décrit le sentiment d'être constamment défini par sa couleur de peau, sa religion ou l'origine de ses ancêtres. Il exprime une fatigue face à cette perpétuelle désignation, alors même que de nombreux Français issus de l'immigration sont intégrés depuis des générations.

Appel à un universalisme républicain

Le maire de Saint-Denis lance un appel à tous ceux qui refusent cette assignation identitaire. Il considère que la politique doit être un espace pour défendre des idées et des valeurs républicaines universalistes, plutôt qu'un champ de revendications identitaires, religieuses ou raciales.

Bagayoko met en garde contre les dangers de mêler politique, « race » et religion, une approche qui, selon lui, ne peut mener qu'à la confrontation. Il encourage plutôt à construire un discours qui reconnaît les individus sans préfixes ni adjectifs réducteurs, permettant à chacun d'être défini par ses choix et ses engagements plutôt que par des catégories imposées.

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