L'Aspas lance un ultimatum à l'État sur la gestion controversée des renards
L'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) a formellement mis en demeure l'État, ce mercredi, exigeant une révision complète de sa politique de gestion des populations de renards. L'organisation dénonce un « massacre injustifié » et se déclare prête à saisir la justice administrative si aucune mesure concrète n'est prise.
Un bilan alarmant de 600 000 renards tués annuellement
Chaque année, plus de 600 000 renards sont abattus en France dans un silence quasi total, souligne l'Aspas dans un communiqué vigoureux. L'association critique l'absence de justification scientifique solide et de cadre réglementaire cohérent pour ces destructions massives. Une pétition inter-associative, réclamant l'arrêt de ce qu'elle qualifie de massacre, a déjà recueilli plus de 58 000 signatures et doit être examinée prochainement à l'Assemblée nationale.
Un statut d'espèce nuisible contesté dans 88 départements
Classé comme espèce susceptible d'occasionner des dégâts (ESOD) dans 88 départements, le renard roux peut être chassé et éliminé toute l'année, sans quota ni suivi officiel des populations. Cette classification vise à prévenir des dégâts sur certaines activités agricoles, mais l'Aspas la juge « unique en Europe » et fondée sur un cadre réglementaire dépassé, influencé par des intérêts cynégétiques plutôt que par l'intérêt général.
Plusieurs études, dont une récente du Muséum national d'histoire naturelle, démontrent que ces pratiques d'élimination massive sont « inefficaces » et « coûteuses », voire contre-productives sur le plan sanitaire. En mai 2025, le Conseil d'État avait déjà ordonné le retrait du renard de la liste ESOD dans trois départements, reconnaissant son rôle crucial de régulateur des populations de campagnols.
Exigences pour un changement durable des pratiques
L'Aspas demande instamment à l'État d'agir pour obtenir « un changement réel et durable des pratiques ». Ses principales revendications incluent :
- Le retrait du renard roux de la prochaine liste ESOD, attendue avant l'été.
- L'arrêt des pratiques les plus cruelles, telles que le déterrage dans 11 départements.
- La fin des destructions systématiques et la mise en place de solutions fondées sur la prévention.
L'association insiste sur le fait que « le renard doit être considéré comme un allié, non comme une cible », soulignant son importance dans l'équilibre des écosystèmes.
Une menace de recours à la justice administrative
« Cette démarche constitue une première étape », avertit l'Aspas. En l'absence de réponse satisfaisante ou en cas de refus de l'État, l'association saisira la justice administrative pour faire reconnaître les manquements fautifs des autorités et les obliger à agir. Cette action juridique potentielle vise à garantir une protection accrue des renards et une gestion plus éthique et scientifique de leurs populations.



