Les salariés de la RATP ne sont pas bénévoles, pas plus que les rames de métro, les bus, les tramways ou le matériel de signalisation ne sont gratuits. Sans compter l'investissement colossal pour créer de nouvelles lignes. Or, les abonnements Navigo et autres billets à l'unité représentent la deuxième source de financement des transports en Île-de-France, derrière le « versement transport » des entreprises et devant les subventions des collectivités locales.
La nécessité des contrôles
Seulement voilà, le civisme ne suffit pas à garantir que chacun acquitte son titre de transport. Les contrôles des voyageurs sont donc indispensables. Ils ont deux fonctions principales : dissuader les resquilleurs, mais aussi éviter que les clients « réglos » ne finissent par se lasser de payer, à force d'avoir l'impression d'être nargués impunément par les passagers clandestins.
Éviter les dérives
Encore faut-il éviter les dérives. Même ultraminoritaires, comme l'argumente la direction de la Régie, les excès de zèle, voire les comportements agressifs de contrôleurs, sont doublement déplorables.
D'une part, ils laissent des clients désorientés (surtout quand ils maîtrisent mal le français) ou même humiliés. Or, l'accueil dans le bus ou le métro est un élément de l'image de Paris auprès de ses visiteurs, au même titre que la propreté des toilettes dans les musées ou le rapport qualité-prix dans les brasseries. C'est une contre-publicité néfaste.
D'autre part, ces comportements fâchent et punissent ceux qui ont cru de bonne foi régler ce qu'ils devaient, les poussant à se demander « à quoi bon payer la prochaine fois ? ». C'est contre-productif.
Aux quatre lettres RATP doivent donc en répondre quatre autres : tact. Il s'agit de trouver le bon équilibre entre fermeté envers les fraudeurs et mansuétude lorsque la situation s'y prête, pour préserver la confiance des usagers et l'image des transports franciliens.



