Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a admis ce mercredi 1er juillet 2026 que le contrôle aérien français souffrait d’un manque de performance, après un rapport sénatorial très critique. Devant le congrès de la Fédération nationale de l’aviation et ses métiers (Fnam) à Paris, il a déclaré : « On en parle souvent, du contrôle aérien qui doit se moderniser, qui doit améliorer ses performances au bénéfice de l’ensemble du système aérien. »
Un rapport sénatorial accablant
Selon un rapport fin juin de la commission des Finances du Sénat, la France est la moins performante en Europe en matière de contrôle aérien. Les sénateurs ont estimé à « 6,6 millions de minutes de retards de vols en 2025, entraînant une perte de 800 millions d’euros pour les compagnies et des désagréments forts pour les passagers ». Ils pointent une « allocation trop rigide » des effectifs de contrôleurs, tenant trop peu compte des variations du trafic, et « l’obsolescence de l’architecture technique ».
Réforme engagée et améliorations constatées
En réponse, Philippe Tabarot a indiqué avoir « engagé une vraie réforme en profondeur avec nos équipes, notamment avec les recrutements, une plus grande flexibilité pour renforcer les équipes en période de fort trafic, et puis une transformation de l’organisation du travail. Ce n’est pas une mince affaire. » Selon le ministre, « la situation s’améliore » : « Sur les cinq premiers mois de l’année, les retards ont chuté de 35 % après l’année horribilis de l’an dernier, alors même que le trafic poursuit sa croissance. » En juin 2026, la France a même battu son record mensuel de trafic aérien contrôlé, traditionnellement établi en juillet ou août.
Un constat sévère du président de la Fnam
Le président de la Fnam, Pascal de Izaguirre, s’est montré plus sévère dans son discours. En raison d’une fiscalité lourde et d’un contrôle aérien défaillant, « la France est un pays qu’on survole de plus en plus et qu’on dessert malheureusement moins », a-t-il déploré. « Et j’en veux pour preuve un chiffre éloquent : le nombre de vols arrivant et partant de France a diminué depuis 2019. Entre 2019 et 2025, il a diminué de 2 %, alors que le nombre de survols a augmenté de 15 %. »



