Publicité « Le territoire ne s’arrête pas à la frontière » : à Menton, le salon du tourisme fait la part belle à l’Italie
Forte mobilisation italienne au Salon du tourisme : gastronomie, culture, artisanat et sport outdoor illustrent la vitalité des liens transfrontaliers entre la Riviera française, la Ligurie et le Piémont.
Saveurs partagées
Le lien franco-italien passe d’abord par l’assiette. Installé rue Partouneaux depuis plus de dix ans, le traiteur Pasta Piemonte incarne cette passerelle gourmande. À sa tête, Luisa Inversini, originaire du Piémont, a quitté Turin pour se lancer dans la fabrication artisanale de pâtes fraîches à Menton. « Quand nous avons ouvert la boutique, nous avons voulu importer des produits piémontais tout en valorisant les ressources locales. C’est ainsi qu’ont vu le jour les raviolis au citron de Menton. Ce mélange fonctionne très bien, notamment parce que les traditions culinaires mentonnaises sont proches de celles du Piémont. » Pour l’artisane, la notion de local dépasse les frontières administratives : « Un produit est local s’il est réalisé avec des matières premières provenant d’un rayon de 100 à 150 km. Le territoire ne s’arrête pas à la frontière : Mentonnais, Ligures et Piémontais partagent le même espace. »
Culture sans frontières
Autre trait d’union évident : la culture. Au premier étage, un stand mettait à l’honneur Vintimille et son riche passé médiéval. Chaque été, la ville italienne replonge dans son histoire avec l’événement « Agosto medievale » (Août médiéval), organisé depuis 1975. « Nous sommes ici pour présenter cette manifestation qui se tiendra les 7, 8 et 9 août 2026. Elle attire des dizaines de milliers de visiteurs, dont beaucoup de Français, séduits par les costumes et l’ambiance de théâtre à ciel ouvert », explique Piero Fusco, président de l’événement. « Aujourd’hui, c’est aussi l’occasion de faire connaître nos traditions aux Mentonnais. C’est un plaisir d’accueillir des Français chez nous et de leur faire découvrir la Riviera italienne. »
L’artisanat en partage
Dans le domaine de l’artisanat, les parcours croisés ne manquent pas. Celui d’Alessandro Simonetti en est un exemple parlant. Installé à Castellar, ce coutelier d’origine italienne s’est reconverti après une première carrière dans la restauration. « Je suis arrivé en France dans les années 90. C’est grâce à une association locale que j’ai découvert ce métier il y a une quinzaine d’années. Aujourd’hui, j’ai mon atelier où je fabrique des couteaux et j’assure aussi l’affûtage pour les professionnels de Menton et Monaco. » Formé en France mais toujours lié à l’Italie, il entretient ce double ancrage : « Je continue à me former en Italie. Ce lien entre les deux pays est très fort et je suis heureux d’y contribuer à travers mon activité. »
Le terrain de jeu grandeur nature
Le tourisme sportif constitue un autre pilier de cette coopération. Le projet RivierAlps, financé par l’Union européenne, en est l’illustration concrète. Il relie la province de Coni, la Ligurie et le territoire français jusqu’à Menton, avec l’ambition de créer un vaste espace dédié aux activités outdoor. « Plusieurs points de départ existent, notamment dans le Piémont, avec des arrivées possibles jusqu’à Menton, Sanremo ou Imperia. Les parcours sont accessibles à pied comme à vélo », détaille Daniele Bottero, pour l’organisme Conitours. Parmi les itinéraires emblématiques figurent l’Alta Via del Sale (Haute Route du Sel) ou encore la piste cyclable de la Ligurie. Un atout majeur : la possibilité de traverser la frontière sans quitter son parcours. « C’est un projet complexe mais très stimulant. La synergie transfrontalière est essentielle et ouvre des perspectives pour valoriser un territoire partagé. »
Une stratégie assumée
Cette dynamique transfrontalière est pleinement revendiquée par la maire de Menton et présidente de la Carf, Alexandra Masson. « L’accueil de nombreux exposants italiens au Salon du tourisme est à la fois naturel et révélateur de l’identité même de Menton. Notre ville est en effet l’épicentre des rencontres transfrontalières, située au cœur d’un bassin de vie franco-italo-monégasque. » Un positionnement qui dépasse le simple événementiel. La municipalité entend en faire un axe structurant de son attractivité. « La présence d’acteurs issus de la gastronomie, de l’artisanat, du sport ou de la culture illustre la richesse de ces échanges et la complémentarité de nos territoires. C’est une véritable force pour l’attractivité de Menton. » Et de conclure sur l’ambition portée par la collectivité : « Cette réalité se traduit pleinement dans notre stratégie de promotion touristique, où la coopération transfrontalière occupe une place centrale ». À Menton, la frontière n’est plus une limite : c’est un trait d’union pour le tourisme.



