Le cinéma Raimu de Cogolin, un équipement culturel emblématique du centre-ville, voit son avenir se dessiner. Lors du conseil municipal du lundi 28 avril 2026, les élus ont approuvé le principe du renouvellement de la concession de service public pour l'exploitation de la salle. La décision a été prise dans une ambiance apaisée, contrastant avec les tensions de la précédente mandature.
Un appel à concurrence pour 2027
La concession actuelle, confiée à la Sarl Cinéode, arrive à échéance le 31 décembre 2026. Pour assurer la continuité, la municipalité a choisi de lancer un appel d'offres public. Nicolas Founaux, adjoint délégué aux associations, a expliqué que la commune doit se positionner sur le mode de gestion le plus adapté. « Compte tenu de l'échéance de cette convention, la ville doit se positionner sur le mode de gestion le plus adapté à cette activité », a-t-il déclaré.
Les inquiétudes de l'opposition
Si aucun conseiller ne s'est opposé au vote, Pierre-Yves Tierce, chef de file du groupe minoritaire « Un cap pour Cogolin », a tenu à alerter la majorité. Il a souligné que le cinéma est un service public et ne doit pas être géré comme une entreprise. « C'est une grande chance d'avoir un cinéma en centre-ville. Vous savez tous que l'industrie cinématographique se porte très mal en France », a-t-il rappelé. Il a également mis en garde contre le risque qu'aucun candidat ne se présente, comme cela est arrivé ailleurs. « En relançant une délégation de service public comme celle-là, il est probable, comme il est arrivé dans d'autres communes en France, que personne ne réponde et ce serait catastrophique ! » a-t-il insisté.
L'élu a interrogé la majorité sur les intentions de Cinéode, sans obtenir de réponse. « Nous n'avons pas d'informations à ce jour... », a répondu Nicolas Founaux.
La majorité rassure
Marc Cayrol, conseiller de la majorité, a pris la parole pour défendre la démarche. « Est-ce que vous pensez que l'intérêt des gens ici, c'est de ne plus avoir de cinéma ou vous pensez que tout le monde fera son possible pour qu'il reste en place ? La réponse me paraît évidente », a-t-il déclaré. Pierre-Yves Tierce a réaffirmé sa position, précisant qu'il ne remet pas en cause la volonté de tous de maintenir le cinéma, mais qu'il faut aborder le dossier comme un service public. « Celui ou celle qui imaginera, demain, que l'intérêt d'une délégation de service public, c'est de gagner de l'argent, c'est une erreur. Ce n'est pas du tout l'enjeu », a-t-il conclu.
Nicolas Founaux a clos le débat en rassurant l'assemblée : « Nous vous remercions pour cette remarque et rassurez-vous, la commune ne gagne pas d'argent ! »
Un enjeu d'attractivité
L'avenir du cinéma Raimu reste donc suspendu à la procédure d'appel d'offres. La municipalité espère attirer des candidats pour maintenir ce service culturel de proximité. L'opposition, tout en soutenant l'objectif, appelle à une gestion adaptée aux réalités du secteur.



