Boulevard de la Plage au Cap Ferret… Peut-on rêver plus belle adresse pour poser ses valises ? Au centre du village, à quelques mètres du rivage, vient d’ouvrir le premier 5-étoiles de ce bout du bout de la presqu’île. On l’imagine posée là depuis toujours, il n’en est rien : cette coquette villa, avec sa façade blanche habillée de briques, son toit de tuiles, ses épis de faîtage, ressemble à celles du quartier de la Ville d’Hiver d’Arcachon, de l’autre côté du bassin, mais elle vient tout juste de sortir de terre.
Un projet de cœur pour deux amis
Ce projet est porté par deux amis, deux habitués du « Ferret » : Laurent Taïeb, entrepreneur, et Philippe Starck, architecte et designer. Après le restaurant Kong et le Too Hôtel à Paris, ils ont créé ensemble ce refuge hors du temps, délicat et poétique, certains diraient même féminin. Villa Colette porte d’ailleurs le prénom de la mère de Laurent Taïeb et de l’une de ses filles, qu’il emmenait au manège, juste en face. Starck, lui, reconnaît s’être inspiré de l’élégance des actrices de l’entre-deux-guerres, Danielle Darrieux, Michèle Morgan…
Un boudoir de caractère
On pénètre dans la propriété par un chemin qui serpente dans le petit jardin paysager, tout juste planté, jusqu’à la terrasse, accueillante du lever du soleil jusqu’à l’apéritif, en soirée. Passé la porte d’entrée, le lobby bar surprend, avec ses murs jaune pâle et son plafond bas – une référence aux cabanes ostréicoles, justifie Philippe Starck, qui assume tous ces partis pris, même les plus clivants. Il faut reconnaître à ce boudoir un certain caractère, entre la vitrine renfermant un portrait de femme – peut-être une Colette imaginaire, avec ses bijoux et objets personnels –, des fleurs en papier sous une cloche de verre, un coin salon avec un poêle à bois émaillé, un piano Klein des années 1950 et un comptoir en sycomore.
Dîner sous les étoiles
Plus lumineuse, la salle du restaurant, sous sa grande verrière amovible, invitera, l’été venu, à petit-déjeuner à l’air libre ou à dîner sous les étoiles, comme dans la cour intérieure d’une villa familiale. Des fresques à la Arcimboldo et des assiettes en céramique colorée encadrent la cuisine ouverte, dans laquelle officie le chef Benjamin Six, accompagné de sa brigade. Entouré par une galerie de portraits mystérieux, on savoure ici un bar pêché du matin, du poulpe grillé ou du veau fondant braisé. Uniquement des plats à la carte, relevés d’une pointe d’exotisme par une mayonnaise pimentée, une sauce chimichurri, une panure épicée. L’après-midi, c’est tea time, avec présentoir à étages et argenterie. Et, le dimanche, brunch gourmand.
Atmosphère surréaliste
Les 28 chambres dupliquent toutes les mêmes éléments décoratifs, dans une veine toujours onirique, un brin surréaliste : murs rose poudré, frise de miroirs et de photos du Cap Ferret détournées par l’IA, mobilier en acajou, abat-jour garnis de fourrure, table couverte d’un carré de soie sous verre inspiré par Pucci… La suite Colette, avec son bow-window, comme les deux suites Prestige Cap Ferret avec double balcon, ont le privilège d’offrir une vue sur le bassin. D’autres chambres contemplent la pinède. Celles situées au rez-de-chaussée, très agréables, se prolongent par une terrasse. Elles donnent ainsi l’impression de vivre dans une charmante maisonnette de bord de mer, que l’on retrouve toujours avec bonheur en fin de journée après une sortie en pinasse sur le bassin, une balade à vélo jusqu’à l’océan ou une dégustation d’huîtres dans une cabane face à la dune du Pilat. À partir de 400 € la nuit.



