Mobile home : résidence secondaire à petit prix, mais avec des contraintes
Mobile home : résidence secondaire à petit prix

Le marché du mobile home connaît une croissance de 10 % avec plus de 20 000 transactions par an. Pour cause, il offre la possibilité d'acquérir une résidence secondaire à un prix variant entre 15 000 et 70 000 euros. Cependant, cet achat n'est pas sans contraintes.

Un rêve de bord de mer à moindre coût

Nathalie, habitante de Saint-Brieuc, a réalisé son rêve en achetant un mobile home de trois chambres au camping 5 étoiles La Grande Métairie à Carnac (Morbihan). « J'ai toujours rêvé d'avoir un bien au bord de mer, mais un appartement est bien au-dessus de mes moyens. Ce logement est la solution », confie-t-elle. Elle souhaitait également un lieu situé à moins d'une heure trente de son domicile pour en profiter le week-end.

Le camping répond parfaitement à ses attentes avec son parc aquatique, ses terrains de tennis, foot, volley et basket, ainsi que ses parcours de golf et d'accrobranche. « C'est un véritable bol d'air. On est au milieu de la nature, très agréable pour un prix relativement raisonnable », s'enthousiasme-t-elle.

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Réduire les frais en louant l'été

Nathalie a payé son logement 48 000 euros d'occasion, mais doit louer son terrain au camping. Deux options s'offrent à elle : conserver la jouissance totale pour 9 000 euros par an, ou laisser le camping louer le mobile home six semaines en juillet et août, réduisant le coût du terrain à 3 000 euros par an. Dans ce cas, elle ne peut l'utiliser que quinze jours l'été. Ce loyer comprend l'électricité (1 000 kWh par an) et l'eau (30 m³).

Le site de 20 hectares accueille 544 mobile homes, placés sur des terrains de 110 à 150 m², favorisant la convivialité mais limitant l'intimité.

Nadia, 53 ans, a acheté son mobile home en novembre 2024. Avec son mari, elle vient surtout hors saison et utilise le logement quinze jours chaque été. « Le reste du temps, nous le passons dans le Sud-Est », explique-t-elle. Le couple apprécie les infrastructures et la possibilité de choisir entre rester dans le logement ou profiter des activités. Leurs enfants peuvent accéder gratuitement aux services, mais des amis doivent payer 50 euros pour l'entretien et l'accès aux infrastructures.

Un logement tout confort, mais des contraintes

Dominique et sa femme Isabelle ont opté pour un modèle haut de gamme d'occasion à 35 000 euros (remboursement de TVA inclus). Ils ont agrandi la terrasse et ajouté une cuisine d'été. Ils viennent pour deux semaines minimum, car cinq heures de route les séparent de leur résidence principale à Bourges. Comme les autres, ils ont choisi la formule de location la moins chère, les privant de leur logement l'été. « C'est une sacrée contrainte, mais financièrement, nous n'aurions pas pu sortir les 9 000 euros chaque année », regrette Dominique. Il apprécie la proximité de la mer et les commodités du camping.

Les propriétaires de mobile home ne paient ni taxe foncière ni taxe d'habitation, mais doivent s'acquitter de la taxe de séjour (0,60 euro par nuit). Le camping ferme du 15 novembre au 15 mars, empêchant toute utilisation en hiver. « On sait qu'on ne pourra jamais faire Noël ici, c'est un peu frustrant », confie Dominique. « Cela fait bizarre, en tant que propriétaire, de ne pas pouvoir accéder à son propre logement », renchérit Nadia.

Le directeur du camping, Guillaume Morainnes, justifie cette fermeture par les travaux de maintenance annuels nécessitant la coupure de l'eau et de l'électricité. « Ce serait très compliqué à gérer avec des résidents présents », explique-t-il.

Objectif : augmenter le nombre de propriétaires

Guillaume Morainnes souhaite faire passer la part des propriétaires de 10 % à 30 %. « Ils participent grandement à l'amélioration du site, font remonter les difficultés et créent une véritable communauté », souligne-t-il. Quinze jours avant l'ouverture et la fermeture, le camping n'est ouvert qu'à eux, avec des repas collectifs.

Selon Mathieu Falco, directeur du pôle résidentiel d'Homair, les acheteurs sont généralement des personnes de plus de 55 ans, sans enfant à charge, propriétaires de leur logement en ville et résidant à moins de deux heures de route du camping.

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Les prix des mobile homes varient de 15 000 euros pour de l'occasion à 70 000 euros pour du neuf, mais 90 % sont achetés d'occasion à un prix moyen de 27 000 euros. Le coût de l'emplacement annuel va de 3 000 euros dans l'Eure à 10 000 euros dans le Var. Les mobile homes perdent de la valeur avec le temps : « C'est un achat plaisir, pas un investissement patrimonial », prévient Mathieu Falco. Une grille de vétusté est appliquée chaque année, et les propriétaires changent de mobile home tous les 8-9 ans en moyenne.