Les recettes fiscales liées aux carburants ont baissé de plus de 80 millions d'euros sur les six premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025, a annoncé lundi le ministre des Comptes publics David Amiel sur RTL. Cette baisse s'explique par une modification des habitudes de consommation des Français, qui achètent moins d'essence et de diesel.
Une baisse liée à la guerre au Moyen-Orient
La guerre au Moyen-Orient a provoqué une envolée des prix du pétrole brut à partir du 28 février, ce qui rapporte davantage à l'État par litre vendu. Cependant, les consommateurs ont adapté leur comportement : ils conduisent moins, pratiquent le covoiturage et le télétravail, ce qui a réduit la consommation de carburants et, in fine, les recettes fiscales.
« Heureusement qu'on n'a pas écouté ceux qui nous disaient "utilisez cette cagnotte pour financer les aides" », a déclaré David Amiel, « car il n'y a pas eu de cagnotte ».
Consommation en baisse de 14 % en mai
Fin mai, le ministre de l'Économie Roland Lescure avait indiqué que la consommation de carburants avait diminué de 14 % du 1er au 20 mai par rapport à la même période l'an dernier, en raison de la hausse des coûts provoquée par la guerre. « Les Françaises et les Français conduisent un peu moins, ils font du covoiturage, peut-être qu'ils font un peu plus de télétravail », avait-il ajouté, après l'annonce de nouvelles aides ciblées pour les gros rouleurs et le transport routier.
Prix à la pompe : +40 % au pire de la crise
Le gazole se vendait 1,72 euro le litre au 27 février, selon un calcul de l'AFP à partir de données gouvernementales. Après les premières frappes israélo-américaines en Iran, le prix a grimpé jusqu'à atteindre presque 2,40 euros le litre, soit une augmentation de près de 40 %. L'essence a également vu son prix monter en flèche, dans des proportions moindres.
Depuis la signature d'un accord entre les États-Unis et l'Iran mi-juin, les prix du pétrole brut sont redescendus et évoluent autour de 70 dollars, proche du niveau d'avant-guerre. Les prix à la pompe ont suivi, mais restent 10 % plus élevés en moyenne qu'au 27 février.



