Salon Dall'Oglio à Alès : déménagement et passage de flambeau après 70 ans
Salon Dall'Oglio à Alès : déménagement et relève générationnelle

Installé au Faubourg du Soleil depuis plus de soixante-dix ans, le salon de coiffure Dall'Oglio s'apprête à écrire une nouvelle page de son histoire à Alès, dans le Gard. Début juin, Laurette Dall'Oglio, 26 ans, reprendra l'activité familiale dans un nouvel établissement situé avenue Jules Guesde, à quelques centaines de mètres de l'emplacement historique.

Une histoire débutée en 1953

L'histoire commence en 1953, lorsque Daniel Dall'Oglio s'installe au Faubourg du Soleil, bientôt rejoint par son frère Raymond. À l'époque, le quartier vit presque en autonomie, avec ses cafés et ses commerces. "C'était un village dans la ville", se souvient Laurent Dall'Oglio, son fils. Le salon prospère au fil des décennies, malgré l'évolution des habitudes. En 1987, Laurent reprend l'affaire familiale avant de développer plusieurs salons dans le bassin alésien, qu'il a depuis vendus.

"On a évolué avec la société et avec les modes de consommation", explique-t-il. "Aujourd'hui, les gens viennent moins souvent chez le coiffeur qu'avant. Il faut sans cesse se remettre en question."

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La relève assurée par Laurette

Pendant ce temps, Laurette grandit dans les coulisses du salon. Elle voit ses parents travailler sans compter leurs heures : les samedis chargés, les rendez-vous qui s'enchaînent, les contraintes administratives, les inquiétudes. "Je ne voulais pas forcément faire ça au départ", reconnaît-elle. "Je pensais partir vers autre chose, mais je me suis rendu compte que la fac n'était pas faite pour moi. Et que c'était ce que je voulais faire."

Aujourd'hui, elle a pris ses marques et, dans quelques semaines, elle sera aux commandes d'un salon où son prénom figure déjà sur la devanture. Un détail symbolique mais important. "Nous voulions que les Alésiens comprennent que ça reste Dall'Oglio, mais qu'il y a aussi un changement", souligne Laurent Dall'Oglio. Cette transmission n'est pas seulement familiale, elle marque aussi une transition générationnelle.

Un salon modernisé pour attirer une nouvelle clientèle

Le nouveau salon, plus vaste et plus moderne, permettra de développer d'autres services, notamment un espace de soins et des bacs massants. Laurette souhaite également renforcer l'image de l'établissement sur les réseaux sociaux. "On va créer une nouvelle image", explique-t-elle. "Le but, c'est d'apporter davantage de modernité et d'attirer une clientèle plus jeune tout en gardant nos clientes fidèles."

Dans cette aventure, elle ne sera pas seule. Laurent et Sandrine resteront salariés du salon, aux côtés d'une équipe présente pour certains depuis près de trente ans.

La pression de la succession

Derrière l'enthousiasme, Laurette ne cache pas la pression. "Il y a énormément d'attentes", confie-t-elle. "Les gens peuvent penser que c'est facile parce que ce sont mes parents. Mais moi, je me demande surtout si je serai capable de faire aussi bien qu'eux." Puis elle sourit. Cette histoire ressemble à un passage de relais discret entre deux époques : celle du Faubourg du Soleil d'hier, avec ses commerces et sa vie de quartier, et celle d'une nouvelle génération qui tente de préserver l'âme de cette rive singulière d'Alès, tout en inventant autre chose.

Dans le futur salon, la première cliente sera sans doute la grand-mère de Laurette. Comme un symbole.

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