Dans son discours d’adieu à la fin de son mandat, Joe Biden avait paraphrasé l’un de ses illustres prédécesseurs, Dwight Eisenhower. Là où le 34e président des États-Unis avait mis en garde ses concitoyens, en 1961, contre « toute influence injustifiée, qu’elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel », Joe Biden avait fait référence aux « oligarques » de la Silicon Valley. Il avait vu juste : l’influence démesurée du « complexe militaro-technologique » est devenue une source d’inquiétude pour une Amérique déjà maltraitée par Donald Trump et sa vision impériale du monde.
Palantir, symbole d'une galaxie technologique en quête de puissance
Symbole de cette galaxie à la fois en rivalité et unie dans son ambition de puissance au nom de l’Amérique, Palantir est l’entreprise de technologie la plus politique de l’ère Trump. Fondée en 2003 par Peter Thiel, l’un des idéologues libertariens post-démocratiques, avec le soutien d’un fonds d’investissement, elle s’est imposée comme un acteur incontournable de l’analyse de données pour les gouvernements et les entreprises.
Un manifeste controversé et des accusations de fascisme
Derrière sa success story, Palantir se révèle être la figure de proue d’une offensive idéologique de l’Amérique de Trump. D’anciens employés identifient à du fascisme la vision du PDG Alex Karp, récemment détaillée dans un « manifeste ». Ce document prône un pouvoir centré sur la technologie, suscitant de vives critiques au sein de la société civile.
L’entreprise, qui travaille en étroite collaboration avec les agences de renseignement américaines, est accusée de favoriser une dérive autoritaire en mettant la technologie au service d’un État surveillant. Les révélations sur ses pratiques ont alimenté un débat plus large sur le rôle des géants de la tech dans la démocratie.
Alors que Donald Trump a quitté la présidence, l’influence de Palantir et de ses alliés de la Silicon Valley continue de peser sur la politique américaine, soulevant des questions sur l’avenir de la démocratie face à la puissance technologique.



