Face à un contexte géopolitique incertain, le chef de l'État a demandé au gouvernement d'étudier des mesures de soutien ciblées pour les professions impactées par la hausse des prix de l'énergie. Emmanuel Macron a appelé mercredi en Conseil des ministres le gouvernement à réfléchir à de « nouvelles réponses » face à la hausse des prix de l'énergie « dans un contexte géopolitique hautement incertain », a indiqué la porte-parole du gouvernement citant le chef de l'État.
« Il a demandé aux ministres et à l'ensemble du gouvernement de continuer à recevoir les professions concernées par la hausse du prix de l'énergie, et spécifiquement par la hausse du prix des carburants, ministère par ministère, pour apporter et construire avec eux d'éventuelles nouvelles réponses d'appui à la trésorerie d'une part, réponses ciblées d'autre part pour anticiper les semaines à venir », a déclaré Maud Bregeon lors du compte rendu du Conseil des ministres.
Marges de manœuvre contraintes
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé le 21 avril le prolongement et le renforcement pour le mois de mai des aides pour les pêcheurs et agriculteurs face à la flambée des prix des carburants causée par la guerre au Moyen-Orient. Il avait aussi évoqué la création d'un « dispositif d'accompagnement » pour quelque trois millions de « grands rouleurs », des travailleurs modestes touchés par la hausse des prix.
Celui-ci consistera en une réduction moyenne de 20 centimes d'euros par litre. Le gouvernement dispose de marges de manœuvre budgétaires très contraintes et s'est limité jusqu'ici à des aides ciblées. Il estime par ailleurs qu'il n'y a pas d'inquiétude concernant l'approvisionnement en hydrocarbures pour le mois de mai.
Superprofits pétroliers taxés ?
Ce mercredi, le géant français des hydrocarbures TotalEnergies a publié un bénéfice net en très forte augmentation au premier trimestre, à 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d'euros), soit + 51 % sur un an, porté par « la hausse des prix » du pétrole et du gaz ainsi que par ses activités de négoce. Face à ces chiffres, le gouvernement a déclaré qu'il ne « s'interdit rien », « par principe », alors qu'une taxation des superprofits pétroliers est réclamée par la gauche et certains pays européens, a indiqué la porte-parole du gouvernement français et ministre chargée de l'Énergie Maud Bregeon. « Personne ne doit profiter de cette crise et aucun superprofit ne doit être réalisé a fortiori en France. Partant de ce principe-là, on ne s'interdit rien », a déclaré Maud Bregeon, tout en se refusant à entrer dans le « Total bashing ».



