Côte d'Azur : hélicoptères et taxis aériens électriques, la révolution du transport aérien
Hélicoptères et taxis électriques : la révolution aérienne sur la Côte d'Azur

La Côte d'Azur s'impose comme un laboratoire européen du transport aérien de demain. Alors que les hélicoptères restent un moyen privilégié pour relier Nice, Monaco et Cannes, les nuisances sonores et environnementales suscitent des critiques croissantes. Pourtant, le secteur se prépare à une révolution avec l'arrivée des taxis aériens électriques, les eVTOL, promettant de réduire l'empreinte carbone tout en maintenant un service premium.

Un marché porteur malgré les controverses

La liaison Nice-Monaco est la plus empruntée d'Europe : un vol toutes les 30 minutes, soit environ 13 000 vols par an. Le trajet de 7 minutes 30 coûte 195 euros en vol partagé, contre une centaine d'euros en taxi pour un trajet qui peut atteindre 90 minutes dans les embouteillages. Les pics d'activité surviennent lors du Grand Prix de Monaco (environ 200 vols en une journée), du Festival de Cannes et du Cannes Lions. Vincent Valat, chef d'entreprise nîmois basé à Monaco, témoigne : « Ça me permet d'être là en temps et en heure, sans aléas, tout en profitant d'un panorama exceptionnel. C'est une parenthèse enchantée. »

L'Alliance BHSM, qui regroupe Monacair, Héli Sécurité et l'américain Blade avec 25 hélicoptères, indique que 60 % des clients ont entre 30 et 40 ans. « Ils sont riches mais pas forcément richissimes », précise le co-PDG Philippe Willemin. Les principaux contingents viennent des États-Unis, du Moyen-Orient et de Russie. Cependant, le secteur reste en deçà des niveaux d'avant-Covid : les heures de vol en 2025 accusaient une baisse de 17 % par rapport à 2019, plusieurs entreprises ayant interdit l'hélicoptère à leurs salariés pour des raisons de bilan carbone.

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Les nuisances, un frein persistant

Autour de Saint-Tropez, la coexistence est plus tendue. Les autorités ont dénombré environ 4 600 vols l'an dernier, avec des survols de 8h à 21h en été, interrompus seulement trois heures l'après-midi. Jean-Claude Molho, président de l'association Halte hélico, déplore : « Après des décennies, le problème des nuisances des hélicoptères ne s'est nullement amélioré sur certains points du golfe. »

Les taxis aériens électriques en 2029

La réponse de l'industrie est l'eVTOL, un taxi aérien électrique à décollage et atterrissage vertical. L'Alliance BHSM mise sur les appareils de Joby Aviation, qui a racheté une partie des activités de Blade. Selon Willemin, l'eVTOL émet « 50 fois moins de CO2 et fait 100 fois moins de bruit » qu'un hélicoptère classique. Les premières exploitations commerciales sont attendues fin 2026 à Dubaï, 2028 aux États-Unis et 2029 dans l'Union européenne. La Côte d'Azur est pressentie comme site précurseur, avec un investissement de 30 millions d'euros pour six appareils. En cas de succès, le groupe envisage de déployer l'offre ailleurs en Europe : entre Naples et Capri, entre Ibiza et Formentara, dans les îles grecques ou autour de Francfort et Milan.

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