Le PDG du CNRS, Antoine Petit, a déploré mercredi une situation budgétaire « qui va devenir extrêmement compliquée » en raison de charges non compensées par l’État, mettant en garde contre les conséquences d’un sous-investissement dans la science.
Des charges non compensées de 500 millions d'euros
Devant la commission des affaires économiques du Sénat, Antoine Petit a déclaré : « Mesdames et messieurs les sénateurs, vous nous avez ‘piqué’ 500 millions d’euros en deux ans. Ce qui veut dire qu’on est passé d’une trésorerie saine à une trésorerie où nous sommes à l’os. »
Le patron du Centre national de la recherche scientifique a précisé que le budget initial pour 2026 a été bouclé avec un déficit de 239 millions d’euros. « Je ne sais pas comment mon successeur va boucler le budget l’an prochain », a-t-il ajouté, lui qui assure l’intérim après avoir achevé son second mandat.
Une subvention stable mais des charges croissantes
Officiellement, la subvention annuelle de l’État au CNRS est stable ces dernières années, à hauteur de 2,9 milliards d’euros. Mais depuis octobre 2024, les charges obligatoires non compensées par l’État ont atteint plus de 500 millions d’euros. Pour 2026, s’y ajoute une diminution immédiate des dépenses de 20 millions d’euros demandée par l’État.
Dans une lettre ouverte publiée mi-avril, plus de 600 responsables de laboratoires et d’unités du CNRS, sur les 1 100 que compte l’institution, ont dénoncé « une rupture » dans les moyens financiers donnés à leur institution.
Des indicateurs au vert mais un avenir incertain
Antoine Petit a souligné que « tous les indicateurs sont plutôt au vert » avec de « très bons résultats » de l’organisme de recherche au niveau européen et une gestion récemment saluée dans un rapport de la Cour des comptes. « On nous met dans une situation budgétaire qui va devenir extrêmement compliquée », a-t-il déploré.
Il a mis en garde : si « on a envie de rester un grand pays scientifique, un grand pays souverain […], il faut investir, parce que les non-investissements qu’on fait aujourd’hui, on les verra dans cinq ou dix ans ». « Il faut être conscient du fait que l’investissement qu’on demande, ce n’est pas pour nous, c’est pour le pays, pour créer des emplois, pour créer de la valeur pour nos enfants, nos petits-enfants », a-t-il conclu.



