La canicule qui a frappé la France en juin 2024 a mis le réseau électrique sous très forte tension. Selon RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, la consommation a atteint des niveaux records, entraînant des disjonctions localisées dans plusieurs régions.
Des records de consommation battus
Le 25 juin, la consommation électrique a culminé à 62 000 MW, un record pour un mois de juin. La forte utilisation des climatiseurs et ventilateurs a fait grimper la demande, tandis que la production nucléaire était réduite en raison de la chaleur et du manque d'eau pour le refroidissement.
RTE a dû activer le mécanisme d'effacement diffus, qui consiste à demander à certains gros consommateurs de réduire temporairement leur consommation. Environ 500 000 foyers ont été concernés par des coupures tournantes de quelques minutes, principalement dans le Sud-Est et le Sud-Ouest.
Des mesures d'urgence
Pour éviter un black-out général, RTE a également sollicité des importations d'électricité depuis l'Allemagne, la Suisse et l'Italie. "Nous avons frôlé la situation de black-out", a déclaré un porte-parole de RTE. "Heureusement, les mesures prises ont permis de maintenir l'équilibre entre production et consommation."
Le gestionnaire du réseau a aussi demandé aux particuliers de limiter leur consommation aux heures de pointe, entre 18h et 20h. Des campagnes d'information ont été diffusées via les médias et les réseaux sociaux.
Impact sur la production nucléaire
La canicule a également affecté la production nucléaire. EDF a dû réduire la puissance de plusieurs réacteurs, notamment ceux situés sur le Rhône et la Garonne, en raison de la température trop élevée de l'eau utilisée pour le refroidissement. Au total, la capacité nucléaire disponible a été réduite de 5 GW, soit l'équivalent de la consommation de 5 millions de foyers.
Cette situation a ravivé les débats sur la vulnérabilité du système électrique français face aux épisodes de chaleur extrême, qui devraient se multiplier avec le changement climatique. Des voix s'élèvent pour réclamer un renforcement des investissements dans les énergies renouvelables et les réseaux de transport.



