Le chômage français repart à la hausse, atteignant un sommet depuis 2021
Les derniers chiffres de l'Insee, publiés ce mardi, révèlent une progression préoccupante du taux de chômage en France. Au quatrième trimestre 2025, ce taux a augmenté de 0,2 point pour s'établir à 7,9 % de la population active, hors Mayotte. Cette hausse porte le nombre total de chômeurs à 2,5 millions, soit une augmentation de 56 000 personnes sur trois mois.
Il s'agit du niveau le plus élevé enregistré depuis le troisième trimestre 2021, bien que ce chiffre reste inférieur au pic historique de mi-2015. Après une baisse quasi continue de 2015 à 2022, à l'exception de la période Covid, le taux de chômage était descendu à 7,1 % fin 2022 avant de connaître une remontée progressive.
Les jeunes, premières victimes de cette dégradation
La situation des jeunes sur le marché du travail est particulièrement alarmante. Le taux de chômage des 15-24 ans a bondi de 2,4 points en un seul trimestre, atteignant 21,5 %. Sur un an, la hausse est de 2,8 points. Pour la tranche d'âge des 15-29 ans, l'augmentation est plus modérée mais significative : +0,5 point sur le trimestre et +1,7 point sur l'année.
La part des jeunes de 15 à 29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études, catégorie désignée par l'acronyme NEET, a également progressé de 0,4 point pour atteindre 12,9 %. Vladimir Passeron, chef du département de l'Emploi et des revenus d'activité de l'Insee, souligne que les jeunes en formation initiale contribuent fortement à cette hausse. Il émet l'hypothèse que le développement important de l'alternance ces dernières années a modifié leur comportement, les rendant plus enclins à rechercher un emploi pendant leur formation.
Des disparités selon les tranches d'âge
Contrairement à la situation des jeunes, le marché du travail montre des signes de résistance pour d'autres catégories de la population :
- Le taux de chômage des 25-49 ans a reculé de 0,2 point sur le trimestre, s'établissant à 6,9 %, et reste inférieur à son niveau d'il y a un an.
- Le chômage des seniors (50 ans ou plus) est resté stable sur la période.
Le ministère du Travail insiste sur la solidité des fondamentaux, évoquant des niveaux d'emploi et d'activité proches de leurs records historiques, une stabilité du chômage de longue durée et l'absence de dégradation du sous-emploi. Pour le gouvernement, la situation actuelle reflète un retournement conjoncturel mesuré, davantage lié à la normalisation du cycle économique et à l'élargissement du marché du travail qu'à une dégradation structurelle.
L'objectif de plein-emploi s'éloigne
Emmanuel Macron avait fait du retour au plein-emploi, défini comme un taux de chômage autour de 5 %, une promesse phare de sa campagne pour la réélection en 2022. À un peu plus d'un an de la prochaine présidentielle, cet objectif semble s'éloigner. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a réagi sur France 2 en déclarant : "On a remporté le combat contre le chômage de long terme. Il y a un vrai défi encore, c'est le chômage des jeunes. Il faut qu'on se batte. Il faut leur donner des jobs."
La France se situe désormais au-dessus de la moyenne européenne, où le taux de chômage s'établissait à 5,9 % en décembre 2025. Parallèlement, les chiffres des inscrits à France Travail au quatrième trimestre 2025, publiés fin janvier, ont montré une augmentation de 6,8 % sur un an des demandeurs d'emploi sans aucune activité. Cette hausse est ramenée à 1,7 % si l'on écarte les effets de réformes récentes, notamment l'inscription automatique des bénéficiaires du RSA et un nouveau barème de sanctions.
Le gouvernement met en avant la résistance du marché du travail et le niveau élevé du taux d'emploi. Ce dernier, pour les 15-64 ans, avait atteint son plus haut niveau depuis le début des mesures en 1975 aux premier et deuxième trimestres 2025, en partie grâce à la réforme des retraites de 2023 qui a tiré vers le haut le taux d'emploi des seniors.