Formation BNSSA à Menton : douze futurs nageurs-sauveteurs en préparation intense
Menton : douze aspirants nageurs-sauveteurs en formation BNSSA

À Menton, du 18 au 24 avril, douze aspirants âgés de 18 à 40 ans se forment pour devenir les anges gardiens des plages et piscines de cet été. Chaque jour, ils alternent entre exercices de natation, cours théoriques et gestes de premiers secours à la piscine Alex Jany.

Une formation intensive entre physique et théorie

« Je ne pensais pas que ça allait être si intense ! », lance Eva, essorant ses cheveux chlorés. Avec trois sessions de natation par jour, entrecoupées de cours théoriques sur les techniques et la réglementation du secourisme, on pourrait croire à une formation militaire. Ce mercredi 22 avril, à la piscine Alex-Jany de Menton, l'ambiance est studieuse.

Pendant une semaine, ils sont douze à se former au Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA). L'objectif : devenir nageur sauveteur et surveiller les plages privées ou publiques, ainsi que les piscines du Mentonnais.

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Un programme exigeant

« Ils ont une semaine pour devenir opérationnels », explique Lucien Funaro, chef de la piscine Alex-Jany et l'un des quatre maîtres-nageurs formateurs. À ses côtés, Christian Gastaud, officier sapeur-pompier et moniteur de secourisme, détaille : « Ils ont commencé ce week-end avec la formation PSE1 (Premiers secours en équipe), qui inclut l'oxygénothérapie et l'utilisation d'un défibrillateur. »

Les douze futurs nageurs sauveteurs enchaînent ensuite sur des journées consacrées à la réglementation, pour connaître leurs droits et devoirs. Puis ils passent aux bassins pour se préparer aux épreuves physiques. L'examen est exigeant : 250 mètres palmes masque et tuba, dont 50 mètres de remorquage de mannequin ; une épreuve sans masque avec un parcours de 25 mètres en crawl, suivi de deux apnées de 15 mètres et d'un remorquage ; et une épreuve dédiée aux techniques de dégagement sur une victime.

Des profils variés, une même motivation

« J'ai appris bien plus en une semaine que pendant toute ma carrière à l'armée », se réjouit Gilian, qui souhaite faire du sauvetage aquatique son métier principal. « Moi, c'est l'apnée qui me fait peur », confie l'ancien gendarme avant de plonger dans le bassin, le souffle coupé sur 25 mètres.

Ahmed Bikhelkhalen, 30 ans, déjà moniteur de surf, témoigne : « Pouvoir tenir sa respiration tout en faisant des mouvements et rester concentré sur une certaine distance, c'est très difficile. » Ce juriste de formation, qui souhaite par le BNSSA « devenir vraiment utile pour la commune », explique l'intérêt de la formation : « Cela nous permet d'effacer les appréhensions par le savoir. Par exemple, sur un sauvetage, les personnes nous étranglent et s'appuient sur nous, ça peut surprendre. Là, on y est préparé pour les ramener de manière safe. »

Eva Caproni, 19 ans, championne de natation synchronisée, n'est pas très inquiète par les épreuves physiques. « L'eau, c'est mon élément, j'ai grandi dedans. Même si les mannequins sont assez lourds (environ 75 kg) », dit-elle. « Ce qui me fait vraiment peur, c'est le QCM… Il y a beaucoup à apprendre ! »

Des devoirs à la maison et une rigueur de tous les instants

Sur l'épreuve écrite, il faut cocher trente bonnes réponses parmi quarante questions portant sur le balisage, les premiers soins d'urgence et l'alerte des secours publics. « Ils ont des cours en salle tous les jours pour aborder toutes les notions. Et le soir, ils ont des devoirs », martèle Christian Gastaud, président de l'Afssa, l'association mandatée par la mairie pour la formation.

« On est peut-être un peu rude, mais demain, ce sont eux les sachants, même s'ils n'ont que 18 ans. Ils doivent avoir réponse à tout et pouvoir réagir à toute situation en attendant l'arrivée éventuelle des secours », explique-t-il. Entre deux conseils sur un mouvement de dégagement, il ajoute : « Leurs interventions iront de la simple bobologie jusqu'à la noyade entraînant la mort. » Regardant ses « gamins », il conclut : « On compte une cinquantaine d'interventions par jour sur les plages de Menton. Il y en aura forcément un ici qui fera face à un décès. »

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Un besoin de recrutement crucial

« Si on pouvait recruter et former cinquante jeunes, on le ferait », explique Christian Gastaud. « Mais ce n'est pas encore vraiment développé à Menton, notamment sur la communication. » Les besoins sont pourtant importants : « Dans la zone, de Roquebrune jusqu'à la frontière italienne, il faut une centaine de personnes pour gérer la saison estivale. On a besoin de trente jeunes par jour. »

L'offre de formation est encore récente. C'est ce qui explique l'enseignement express en une semaine, alors que dans d'autres zones du département, les candidats au BNSSA s'entraînent sur plusieurs mois. À Menton, il s'agit de la troisième année de session, visant à remplir les postes de secours des plages du Mentonnais. « L'idée, c'est qu'ils n'aillent pas sur les plages privées, c'est une forme d'échange avec la partie financée par la commune. »

Le bassin mentonnais ne bénéficie pas encore du retour d'anciens sauveteurs venant faire leur « recyclage », obligatoire après cinq ans d'ancienneté. De plus, le métier connaît un turnover naturel. « Ce sont surtout des jeunes. Ils viennent pour un emploi saisonnier. Souvent, ils passent à autre chose une fois adultes. On doit constamment renouveler les effectifs », explique Lucien Funaro.

Christian Gastaud conclut : « Mais pour ces jeunes, c'est une belle expérience. On met en valeur l'esprit d'équipe, la responsabilité et la capacité d'anticipation : surveillance, prévention et intervention en bout de chaîne. Et en contrepartie, ils touchent 2 000 euros net par mois, c'est pas mal pour financer leurs études ! »

Pour devenir nageur-sauveteur sur les plages mentonnaises, les aspirants devront passer la formation de Sban (Surveillance des baignades et des activités nautiques), dès 16 ans s'ils sont émancipés. Elle est dispensée par les sapeurs-pompiers pour parfaire la formation et permet d'être embauché comme sapeur-pompier volontaire saisonnier par le SDIS.