L'association de consommateurs Que Choisir Ensemble révèle que les mutuelles santé ont augmenté leurs tarifs malgré le gel inscrit dans la loi de la Sécurité sociale pour l'année 2026. L'obligation légale pour les mutuelles de geler leurs tarifs en 2026, inscrite dans le dernier budget de la Sécurité sociale, semble au final ne pas être respectée. Une enquête exclusive de l'association Que Choisir Ensemble (ex-UFC-Que Choisir), basée sur plus de 4 200 témoignages recueillis entre janvier et mars, dresse un constat sans appel : la quasi-totalité des organismes a ignoré la loi.
Une violation massive de la loi
Malgré l'interdiction de rehausser les cotisations au-delà de leur niveau de 2025, la réalité du terrain dément les textes officiels. Selon l'étude, « 98,52 % des 4 271 répondants déclarent avoir subi une hausse de leur mutuelle cette année, en violation des dispositions légales ». Cette situation frappe de plein fouet les populations les plus fragiles, notamment les seniors. L'association précise d'ailleurs que « les personnes les plus sujettes aux augmentations sont les retraités », qui ne bénéficient d'aucune participation employeur pour absorber le choc.
Des hausses parfois vertigineuses
Si l'augmentation médiane se situe autour de 56 euros par an, les disparités sont brutales. Pour certains assurés isolés, l'envolée des prix atteint des sommets irrationnels : « Pour les personnes seules, les hausses vont de 0,08 à 2 000 euros par an », alerte l'organisation de défense des consommateurs. Ces chiffres illustrent un déséquilibre significatif pour de nombreux assurés, selon Que Choisir Ensemble.
L'État face à l'inertie des assureurs
Le gouvernement est aujourd'hui pointé du doigt pour son manque de fermeté. Alors que les hausses de 4 % à 5 % avaient été anticipées dès décembre par les fédérations professionnelles, la régularisation promise après le vote de la loi n'a pas eu lieu. 91,7 % des personnes concernées indiquent n'avoir bénéficié d'aucune régularisation a posteriori. « Seule une minorité d'organismes semble être revenue, partiellement ou totalement, sur les hausses appliquées », déplore l'étude.
Un recours au Conseil d'État
Face à cette fronde silencieuse, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a récemment saisi le Conseil d'État. La haute juridiction doit désormais trancher sur la validité de cet article de loi, contesté par les assureurs au nom de la « liberté contractuelle ». En attendant cet arbitrage juridique, ce sont les ménages qui continuent de financer, malgré la loi, un surcoût que l'exécutif avait pourtant promis d'effacer.



