L'agression d'un agent mercredi à Saint-Caprais-de-Bordeaux illustre une hausse des comportements déviants de la part d'usagers. Le syndicat de gestion des déchets de l'Entre-deux-Mers, le Semoctom, a officiellement pris acte de la situation avec un sentiment de « Ras le bol ». 48 heures après l'agression d'un agent de la déchetterie de Saint-Caprais-de-Bordeaux, l'exécutif du Semoctom, qui gère les déchets dans 92 communes de Gironde, est monté au créneau ce vendredi après-midi.
Un phénomène qui s'aggrave
Face à des incivilités et comportements violents en hausse ces derniers mois de la part d'usagers, le syndicat en appelle à « la responsabilité collective » et promet « une mobilisation exceptionnelle ». Refus de tri, insultes, menaces voire violences : le président Jean-François Auby observe un « phénomène qui s'est aggravé ».
Ce jeudi, les seize agents œuvrant dans les sept déchetteries du territoire ont été reçus par la direction durant deux heures et demie, sur fond de psychodrame. « Ce qu'ils vivent au quotidien n'est plus tolérable, ils n'en peuvent plus », résume Élodie Bittard, la directrice générale. Parmi de nombreux actes, elle en rappelle un évocateur : celui d'un homme venu avec véhémence frotter son front contre celui d'une agente, « une cheffe d'équipe mesurant 1,50 m… »
Une journée blanche et des dépôts de plainte systématiques
Dans ce climat jugé « de plus en plus préoccupant », le Semoctom répond en organisant une « journée blanche », au cours de laquelle l'ensemble des déchetteries seront fermées pour permettre à la totalité des agents de bénéficier d'une formation aux situations de crise. Le syndicat souhaite également aller davantage sur le terrain judiciaire : « Chaque comportement inapproprié fera l'objet d'un dépôt de plainte systématique, accompagné d'un dispositif de sécurité accru sur les sites. »
Ce dispositif doit notamment être mis en place à la déchetterie de Saint-Caprais-de-Bordeaux qui doit rouvrir mercredi prochain. « Il faut que la justice réponde présente », souligne aussi le vice-président Jean-Luc Lamaison. Lequel déplore un classement sans suite de l'affaire de la déchetterie de Béguey, lorsqu'un agent avait été poursuivi et menacé avec des barres de fer, il y a deux ans. « Il faut des réponses pénales », martèle le syndicat qui doit se pencher sur un meilleur schéma de protection de ses personnels. Il leur sera présenté dans quelques jours.



