Entre 2022 et 2025, le nombre de procédures collectives ouvertes par le tribunal de commerce de Saintes a doublé, reflétant une crise profonde du commerce de proximité. Le tribunal, qui couvre environ 70 000 entreprises dans son secteur, a enregistré 297 ouvertures de procédures collectives en 2025, soit une augmentation de 16 % par rapport à 2024 et un doublement par rapport à 2022. « C’est beaucoup. Il y a plus de 500 emplois en jeu », souligne la présidente, Verlaine Renou.
Un premier trimestre 2026 toujours difficile
La tendance ne s’améliore pas sur le premier trimestre 2026 : 62 procédures collectives ont été ouvertes, dont 65 % de liquidations judiciaires, 32 entretiens de prévention et 154 injonctions de payer, soit une hausse de 43 % par rapport à la même période en 2025. « Le gros du bataillon, c’est quand même le commerce de proximité, dans les petites et les grosses communes. Les zones qui ont longtemps été épargnées ne le sont plus vraiment », constate Verlaine Renou, elle-même gérante de La Mie Câline à Saintes.
Des causes multiples
Plusieurs facteurs expliquent cette situation : la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs, le développement des achats sur Internet et l’impact croissant de la seconde main. Parallèlement, le nombre d’immatriculations d’entreprises a chuté de 130 à 71, soit une baisse de 45 %, tandis que les radiations de commerces et d’autoentrepreneurs ont bondi à 561, en hausse de 42 %. Ces chiffres illustrent une désertification commerciale qui touche aussi bien les petites communes que les zones urbaines.



