Les fabricants de produits de grande consommation rencontrent des difficultés croissantes pour répercuter la hausse de leurs coûts de production auprès des grandes surfaces. Selon une étude de l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) publiée ce mercredi, seuls 30% des hausses de coûts ont été transmises aux prix de vente en rayon au premier semestre 2026.
Des négociations tendues entre industriels et distributeurs
Les négociations commerciales annuelles, qui se déroulent de janvier à mars, ont été particulièrement âpres cette année. Les industriels, confrontés à l'augmentation des matières premières, de l'énergie et des transports, ont tenté de renégocier les tarifs avec les centrales d'achat des grandes surfaces. Mais face à la concurrence et à la crainte de perdre des parts de marché, les distributeurs ont résisté.
« C'est au bon vouloir de chaque enseigne », explique Jean-Philippe André, président de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (FEEF). « Certaines acceptent d'augmenter leurs prix d'achat, d'autres non. Les petits fabricants sont particulièrement vulnérables. »
Des marges sous pression
Cette situation met sous pression les marges des fabricants, déjà réduites par l'inflation. Selon l'IRI, le taux de marge moyen des entreprises du secteur est passé de 32% en 2021 à 28% en 2026. Les grandes surfaces, de leur côté, maintiennent leurs marges en augmentant leurs prix de vente, mais pas toujours au niveau des hausses de coûts subies par les fournisseurs.
« Les distributeurs jouent sur les volumes et les promotions pour compenser », analyse Claire Bordenave, analyste chez Xerfi. « Ils peuvent se permettre de rogner sur leurs marges car ils ont un pouvoir de négociation fort. »
Des conséquences sur l'offre et l'emploi
Cette difficulté à répercuter les coûts pourrait avoir des conséquences sur l'offre et l'emploi. Certains fabricants, notamment les PME, pourraient être contraints de réduire leur production ou de licencier. « Nous voyons déjà des entreprises qui délocalisent leur production vers des pays à moindre coût », alerte Jean-Philippe André.
Les grandes surfaces, de leur côté, pourraient voir leur assortiment se réduire si les petits fabricants disparaissent. « À terme, c'est le consommateur qui paiera la note, avec moins de choix et des prix plus élevés », conclut Claire Bordenave.



