Cohue chez Lidl : Batho saisit la Répression des fraudes
Cohue chez Lidl : Batho saisit la Répression des fraudes

La députée écologiste Delphine Batho a annoncé avoir saisi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) au sujet de pratiques commerciales de l'enseigne de hard-discount Lidl. En cause : des opérations promotionnelles qui ont provoqué des cohues dans plusieurs magasins en France, créant des situations dangereuses pour les clients et le personnel.

Des scènes de chaos dans des magasins Lidl

Ces derniers jours, des vidéos montrant des clients se bousculant dans des rayons de Lidl pour s'emparer de produits en promotion ont circulé sur les réseaux sociaux. Les images, tournées dans différents points de vente, témoignent d'une véritable ruée, avec des chariots renversés et des clients piétinés. Selon la députée, ces incidents sont la conséquence directe de campagnes marketing agressives, notamment la vente de produits à prix cassés en quantité limitée.

Dans son signalement, Delphine Batho dénonce des « pratiques commerciales trompeuses » et une « mise en danger des consommateurs ». Elle estime que Lidl ne respecte pas ses obligations en matière de sécurité et d'information du public. Contactée par Libération, l'enseigne n'a pas encore réagi officiellement.

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Un signalement fondé sur le code de la consommation

La députée des Deux-Sèvres, également présidente de l'association Écologie les Verts, a adressé un courrier à la DGCCRF, dont Libération a obtenu copie. Elle y pointe plusieurs articles du code de la consommation, notamment ceux relatifs aux pratiques commerciales trompeuses et à l'organisation de ventes promotionnelles. Selon elle, Lidl aurait dû anticiper l'afflux de clients et mettre en place des mesures pour éviter les bousculades.

« Il est inadmissible que des consommateurs soient mis en danger pour des opérations marketing. Les enseignes doivent garantir la sécurité dans leurs magasins, et les autorités doivent vérifier que les règles sont respectées », a déclaré Delphine Batho dans un communiqué.

Des précédents chez d'autres enseignes

Ce n'est pas la première fois que des promotions sauvages provoquent des incidents. En 2019, des scènes similaires s'étaient produites dans des magasins Leclerc lors de ventes de produits électroniques. La DGCCRF avait alors rappelé les obligations des distributeurs, notamment en matière de limitation du nombre de produits par client et d'information préalable sur les quantités disponibles.

Selon une source proche du dossier, la DGCCRF a déjà ouvert une enquête préliminaire sur les pratiques de Lidl. Les services de contrôle pourraient demander à l'enseigne de justifier ses dispositifs de sécurité et la gestion des flux de clients lors des promotions.

Des conséquences possibles pour Lidl

Si les faits sont avérés, Lidl s'expose à des sanctions pouvant aller jusqu'à 300 000 euros d'amende et une interdiction de pratique commerciale. En cas de récidive, les peines peuvent être doublées. L'enseigne pourrait également être contrainte de modifier ses campagnes promotionnelles.

Pour Delphine Batho, cette affaire dépasse le simple cas de Lidl : « C'est tout un modèle de consommation qu'il faut interroger. Les promotions agressives poussent à des achats compulsifs et créent des situations dangereuses. Il est temps que les pouvoirs publics agissent. » La députée promet de suivre de près l'évolution de l'enquête.

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