Carburants : le gouvernement épingle des marges abusives chez plusieurs distributeurs
Carburants : marges abusives épinglées par le gouvernement

Le gouvernement a détecté des augmentations de marge brute sur les carburants considérables chez plusieurs exploitants comme TotalEnergies, ENI, Esso, AVIA, Carrefour Market, Carrefour Contact ou Intermarché. Alors que les Français scrutent chaque centime au totem des stations-service, une note de travail du gouvernement, consultée par FranceInfo, jette un pavé dans la mare. Les chiffres sont sans appel : les marges brutes captées par les distributeurs (écart entre le prix d'achat hors taxes et le prix de vente final) sont aujourd'hui plus élevées qu'avant le déclenchement du conflit au Proche-Orient. Et certains distributeurs vont jusqu'à afficher des marges allant de 39 à 50 centimes par litre de gazole, et près de 40 centimes pour l'essence. Parmi eux, on trouve TotalEnergies, ENI, Esso, AVIA, ou encore Carrefour Market, Carrefour Contact et Intermarché.

Envolée des marges malgré les promesses

En début d'année, la marge brute moyenne s'établissait à environ 30 centimes par litre. Fin avril, elle culmine désormais à 33,6 centimes pour le gazole et frôle les 30 centimes pour l'essence. Si cette somme doit théoriquement absorber les coûts logistiques et les salaires, son augmentation soudaine interroge sur la réalité de l'effort de solidarité demandé par l'État. Le document pointe des disparités frappantes selon les enseignes. Chez certains acteurs majeurs comme TotalEnergies, ENI, Esso ou encore les réseaux Carrefour Market et Intermarché, les marges brutes s'envolent localement jusqu'à 40, voire 50 centimes par litre. Des niveaux de rentabilité qui contrastent violemment avec les récentes déclarations de Serge Papin, ministre délégué au pouvoir d'achat, qui assurait la veille que les distributeurs « jouaient le jeu ».

Vers un bras de fer législatif ?

Cette situation crée un séisme dans les couloirs du pouvoir. Un conseiller de l'exécutif a fustigé auprès de FranceInfo des « faits inadmissibles », contredisant l'idée que les exploitants subiraient la crise au même titre que les consommateurs. Face à ce constat, l'hypothèse d'un décret visant à plafonner les marges revient sur le devant de la scène. Mi-avril, cette menace avait déjà provoqué une levée de boucliers syndicale chez les pétroliers, ces derniers arguant que leurs marges nettes (le bénéfice réel une fois toutes les charges payées) restaient fragiles. Toutefois, la publication de ces nouvelles données place désormais les distributeurs dans une position défensive. Entre la nécessité de préserver le pouvoir d'achat et la colère des professionnels, l'arbitrage gouvernemental s'annonce électrique.

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