Le 58e congrès de la CFDT s'est ouvert mardi 25 juin à Lyon sous une chaleur écrasante, avec des températures dépassant les 35°C. Dans ce contexte, la secrétaire générale du syndicat, Marylise Léon, a prononcé un discours d'ouverture marqué par une préoccupation centrale : l'impact des vagues de chaleur sur les corps des travailleurs.
Une alerte sur les conditions de travail en période de canicule
« Quand il fait 40°C dans un entrepôt, sur un chantier ou dans une cuisine, le corps souffre », a-t-elle déclaré, citant les métiers du BTP, de la logistique et de la restauration. Selon elle, la multiplication des épisodes caniculaires liés au changement climatique impose une révision urgente des règles de protection des salariés. « Nous ne pouvons pas continuer à travailler comme si de rien n'était », a-t-elle insisté.
La dirigeante syndicale a rappelé que, selon une étude de Santé publique France, les accidents du travail augmentent de 10% lors des périodes de forte chaleur. Elle a également souligné que les travailleurs les plus exposés sont souvent les moins protégés, avec des droits à la pause ou à l'adaptation des horaires encore insuffisants.
Des revendications concrètes pour adapter le travail
Marylise Léon a formulé plusieurs propositions, dont l'obligation pour les employeurs de fournir de l'eau fraîche et des espaces climatisés, ainsi que la possibilité de modifier les horaires de travail pour éviter les heures les plus chaudes. Elle a également plaidé pour une meilleure reconnaissance des maladies liées à la chaleur, comme les coups de chaleur, qui devraient être considérés comme des accidents du travail.
« Il faut que le code du travail soit adapté à la réalité climatique », a-t-elle affirmé, appelant à une négociation interprofessionnelle sur le sujet. Le congrès, qui rassemble 3 000 délégués, doit élire la nouvelle direction du syndicat et définir ses priorités pour les quatre prochaines années.
Un congrès sous le signe de l'urgence climatique
Au-delà des conditions de travail, Marylise Léon a lié cette question à l'urgence climatique globale. « La CFDT doit être en première ligne pour défendre une transition juste », a-t-elle déclaré, en appelant à une taxation des superprofits pour financer la transition écologique. Elle a également critiqué le gouvernement pour son manque d'ambition en matière de rénovation énergétique des bâtiments, qui pourrait améliorer les conditions de travail.
Le congrès se déroule jusqu'à vendredi, avec des débats attendus sur la stratégie syndicale face à la réforme des retraites et à la loi sur le plein emploi. Mais la canicule, qui a contraint les organisateurs à installer des brumisateurs et des points d'eau, a donné un relief particulier aux propos de la secrétaire générale.



