Fréquences satellites : l'UE veut favoriser les acteurs européens
Fréquences satellites : l'UE privilégie les européens

Une initiative pour la souveraineté technologique

L'Union européenne a dévoilé ce mercredi une proposition visant à réserver l'utilisation des fréquences satellites aux acteurs européens. Cette décision, présentée par la commissaire européenne au Numérique, vise à renforcer l'autonomie stratégique de l'Europe dans le domaine des télécommunications spatiales. Selon des sources proches du dossier, cette mesure pourrait entrer en vigueur dès 2027.

Les enjeux économiques et stratégiques

Les fréquences satellites sont une ressource rare et convoitée. Elles permettent la transmission de données pour les communications, l'internet haut débit, la télévision et les applications militaires. Actuellement, de nombreux opérateurs non européens, notamment américains et chinois, utilisent ces fréquences pour leurs services en Europe. L'UE souhaite désormais donner la priorité aux entreprises européennes comme Eutelsat, SES ou Airbus Defence and Space.

Cette proposition s'inscrit dans le cadre plus large du programme de l'UE pour une Europe numérique, qui vise à réduire la dépendance technologique vis-à-vis des puissances étrangères. Selon la Commission, cette mesure pourrait générer jusqu'à 10 milliards d'euros de retombées économiques pour les entreprises européennes d'ici 2030.

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Réactions et oppositions

La proposition a suscité des réactions contrastées. Les opérateurs européens saluent une initiative qui protège leurs intérêts et encourage l'innovation. En revanche, des entreprises américaines comme SpaceX et Amazon, qui proposent des services de connectivité par satellite en Europe, dénoncent une mesure protectionniste. Elles estiment que cela pourrait freiner la concurrence et augmenter les coûts pour les consommateurs.

Certains États membres, notamment ceux ayant des accords bilatéraux avec des opérateurs non européens, se montrent prudents. La France et l'Allemagne soutiennent le principe de souveraineté, mais appellent à une mise en œuvre progressive pour éviter des ruptures de service.

Prochaines étapes

La proposition doit maintenant être examinée par le Parlement européen et le Conseil de l'UE. Des négociations sont attendues dans les mois à venir, avec des compromis possibles sur les délais d'application et les exceptions pour les partenaires stratégiques. L'objectif est d'aboutir à un texte final d'ici fin 2026.

Cette initiative européenne intervient alors que la course à l'espace s'intensifie, avec des projets de constellations de satellites comme Starlink de SpaceX ou Kuiper d'Amazon. L'UE veut s'assurer que ses entreprises ne soient pas exclues de ce marché en pleine expansion.

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