Assaut méthodique des constructeurs chinois en France
Assaut méthodique des constructeurs chinois en France

En l'espace de quatre ans, depuis leur émergence au Mondial de Paris en 2022, les constructeurs chinois, désormais une douzaine dans l'Hexagone, étendent leur réseau et accroissent leurs ventes, au point de devancer des marques emblématiques. À Montpellier, huit constructeurs chinois sont distribués, neuf d'ici fin août 2026, avec l'arrivée de Geely chez le groupe Maurin, après Omoda & Jaecoo chez Grim et XPeng un an plus tôt.

Des ventes encore modestes mais en progression rapide

En mai 2026, BYD a vendu 2 585 unités et MG 2 682, selon la Chambre syndicale des constructeurs automobiles. Ces chiffres restent loin des 19 823 de Renault ou 15 933 de Peugeot, mais dépassent déjà Fiat (2 496), Opel (2 560), Ford (1 999), Honda (328) ou Volvo (838). La part de marché des chinoises est passée de 1 % en 2022 à 5,89 % en mai 2026, contre 2,9 % en 2025 et 1,83 % en 2024.

Un réseau dense en régions

Nîmes, Montpellier et Perpignan sont des points clés. Grâce aux groupes Maurin, Grim et Tressol-Chabrier, les marques comme BYD, Xpeng, Leapmotor, MG ou Maxus irriguent aussi des villes moyennes : BYD à Rodez, Xpeng à Alès, Carcassonne et Béziers, MG à Béziers et Narbonne. Omoda Jaecoo, créée ex nihilo en 2022, compte déjà cinq points de vente en région.

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L'image paradoxale des consommateurs

Selon le baromètre L'Automobile Magazine du 31 mai 2026, 94 % des sondés perçoivent les constructeurs chinois comme une menace directe pour l'industrie européenne. 66 % déclarent ne pas leur faire confiance, et seulement 8 % des Français envisagent d'en acheter un (contre 19 % en Espagne), d'après une étude du Boston Consulting Group fin 2025. Pourtant, 79 % jugent qu'ils sont en avance technologiquement et 80 % saluent leur rapport prix-équipement.

Adaptation rapide aux contraintes

Face aux surtaxes (27 % pour BYD, 45,3 % pour MG sur les modèles fabriqués en Chine), les constructeurs diversifient leur offre avec des hybrides, non surtaxés, qui ont représenté 51,5 % des ventes sur les cinq premiers mois de 2026. BYD, numéro 1 mondial de l'électrique devant Tesla, est aussi numéro 1 en France pour les hybrides rechargeables.

Ils créent également des marques et centres R&D en Europe : Omoda Jaecoo a annoncé en avril 2026 un centre de conception en Île-de-France. Surtout, ils implantent des usines : BYD produit en Hongrie (Dolphin Surf à 19 990 €, Atto 2 à 35 990 €) et construit en Turquie et en Espagne ; Chery a repris l'usine Nissan de Barcelone ; Leapmotor utilise les chaînes Stellantis à Saragosse ; Geely celles de Ford à Valence ; MG va investir 200 M€ en Galice pour 120 000 unités par an et 2 000 emplois. En France, Dongfeng exploitera une partie du site Stellantis de Rennes, annoncé en mai 2026.

Une concurrence féroce entre eux

La percée chinoise dépasse 10 % en 2025 au Royaume-Uni et en Espagne, et atteint 6 % du marché européen. Selon la China Association of Automobile Manufacturers (CAAM), 34,53 millions de véhicules ont été produits en Chine en 2025, avec un excédent de 7 millions par an, tandis que le marché chinois se contracte de 21,6 % en avril 2026. Vendre à l'étranger devient une question de survie pour de nombreuses marques fragilisées par la concurrence et les stocks.

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