Pauline Chevrier, graphiste derrière l'affiche de la feria d'Alès
Pauline Chevrier, graphiste de l'affiche de la feria d'Alès

Son visuel s’affiche déjà dans toute la ville. À quelques jours de la feria d’Alès, dans le Gard, l’affiche officielle de l’édition a été dévoilée en même temps que l’ouverture de la boutique attitrée. Derrière cette création colorée se cache Pauline Chevrier, une graphiste originaire des Yvelines, qui travaille au service communication de l’agglomération.

Un parcours atypique pour une affiche locale

Arrivée à Alès il y a trois ans, Pauline Chevrier n’est pas native du territoire. Originaire d’Île-de-France, elle a étudié les arts visuels à Montréal, au Québec, puis à Lyon. Elle découvre progressivement la culture locale et admet : « La feria, ce n’est pas quelque chose qui fait partie de mon histoire personnelle. » Ce point de départ a nécessité un important travail en amont pour s’approprier les codes de l’événement.

Une immersion dans la culture taurine

Avant même de dessiner, la graphiste a multiplié les recherches. Elle a consulté des archives d’anciennes affiches, des ouvrages en médiathèque et échangé avec des collègues. « Je ne voulais pas arriver uniquement avec mon regard extérieur », explique-t-elle. Son objectif était de comprendre les codes d’un événement très ancré localement. Elle a retenu plusieurs éléments récurrents : le raseteur, les arènes du Tempéras, ainsi qu’une imagerie inspirée de l’Espagne. Ces bases ont ensuite été retravaillées dans une composition plus contemporaine, en s’inspirant notamment des affiches des années 1960-1970. « Je me note des mots-clés : couleur, fête, mouvement… et ensuite je construis l’image », détaille-t-elle.

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Un collage numérique sophistiqué

L’affiche finale est entièrement réalisée sur ordinateur. Pauline Chevrier travaille à partir de photos qu’elle assemble et transforme, une sorte de collage numérique. Le corps du raseteur provient d’un cliché pris dans les arènes d’Alès, tandis que le visage est issu d’une banque d’images, volontairement anonymisé. « C’est un monsieur qui est libre de droit, mais qui ne se reconnaîtra pas en photo », précise-t-elle. Chaque élément est retravaillé : détourage, superposition, filtres, ajustement des couleurs. « C’est beaucoup de collages et de traitement sur Photoshop », ajoute-t-elle. Le rendu, volontairement pictural, peut évoquer une peinture, alors qu’il repose entièrement sur des techniques numériques.

Un vote plébiscité

Plusieurs versions ont d’abord été proposées, puis sélectionnées en interne avant d’être soumises au vote des habitants. Pour cette édition, plus de 5 700 personnes ont participé. L’affiche de Pauline Chevrier s’est imposée à une large majorité, recueillant 70 % des suffrages. « On peut faire des affiches de la feria, mais aussi des pancartes… Ça peut être un petit peu tout. On travaille avec des associations, des institutions, du service public. C’est pour ça que j’aime ce métier », conclut-elle.

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