Dimanche après-midi, une baisse de fréquentation de l’ordre de 15 % de l’espace artisanal semblait dessiner une édition 2026 plus contenue. Sans obérer l’intérêt économique pour les salaisonniers, au cœur de l’événement, Bayonne a refermé sa 563e Foire au jambon dimanche soir. Depuis jeudi 23 avril, quatre jours en équilibre entre défense du savoir-faire des artisans salaisonniers et nécessaire contention d’un événement festif majeur.
Un "lieu de rassemblement" plutôt qu'une fête
Plutôt que de « fête », le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray, préfère parler de « lieu de rassemblement ». « On ne dit pas que la fête n’existe pas, mais c’est l’accessoire du principal. » Un accessoire qui avait réuni plus de 420 000 personnes sur la durée de l’événement l’année dernière. Et devrait retrouver un niveau assez proche en 2026. Pour tenter d’appréhender la tendance de fréquentation de cette édition, l’édile avance les entrées dans l’espace dédié aux professionnels.
Fréquentation en baisse mais qualité préservée
Au premier rang desquels, les charcutiers et salaisonniers sous leur vaste chapiteau, esplanade Roland-Barthes. « Dimanche, à 15 heures, 131 500 personnes avaient visité l’enceinte artisanale. » Un quart à un tiers des personnes venues à la Foire au jambon sont donc passées devant les stands des artisans. Soit l’épicentre et la raison d’être historique de l’événement. « Ça veut dire que la dimension commerciale qui est à la base de la Foire fonctionne. » Même si la mairie relève une baisse de 15 % des passages sur l’esplanade gourmande, au regard de 2024.
« J’ai croisé trois ou quatre salaisonniers qui m’ont dit qu’ils étaient contents, il semble qu’ils aient bien travaillé. » Christian Montauzer est l’un d’entre eux, très impliqué dans l’organisation de la Foire au jambon de Bayonne. « J’ai fait un tour des collègues, ils sont globalement contents. C’est un bel événement pour eux. Il y a certainement eu un peu moins de monde, en effet, mais ça a permis plus de fluidité sous le chapiteau. On a eu plus le temps pour chacun, on a pu plus parler avec les gens qui se sont montrés curieux. »
Un changement de dates bénéfique
Avec ce changement de dates, « nous avons cassé la logique inflationniste », pose Jean-René Etchegaray. Le déplacement des dates de la Foire hors de la semaine pascale et des vacances de l’académie de Bordeaux devait permettre de réduire la démographie du « lieu de rassemblement », galopante post-Covid. Les salaisonniers approuvent la déconnexion du week-end de Pâques. « Même si cette fois, ça arrive peut-être un peu loin, on est presque en mai », nuance Christian Montauzer.
Des retombées économiques et d'image
Pour Christian Montauzer, cette relation compte autant que le succès commercial du moment en lui-même. « On a vendu du jambon, c’est bien. Mais la Foire est précieuse en termes d’image. On a pu bien défendre nos produits, notre métier. C’est une bonne communication qui se fait à travers les gens, les réseaux. C’est important pour toute la filière. » Lui apprécie tout particulièrement de voir « des jeunes repartir avec un bout de jambon ». « Ils vont le partager chez eux, se réunir autour. »
Un coût en hausse pour la Ville
En 2025, le coût net pour la Ville de la Foire au jambon était de 119 000 euros. Un montant qui devrait être supérieur en 2026. Car le changement de prestataire pour la gestion des verres réutilisables conduit la commune à prendre en charge une partie du procédé. Par ailleurs, les stands que détient la Ville ne sont plus aux normes, elle a dû en louer pour le chapiteau des salaisonniers.
Des mesures pour encadrer la fête
Restent plusieurs centaines de milliers de visiteurs sur la période. Toutes les litotes des organisateurs sur cette foire qu’il ne faut pas appeler fête n’effacent pas cette réalité. « Nous devons bien sûr prendre la mesure des choses, les encadrer », convient le premier magistrat. Les dates, l’avancée des horaires de fermeture des bars à 1 heure, l’interdiction des sonos et animations sur la voie publique après 20 heures, l’installation de sanitaires dans les rues, déploiement de la Croix-Rouge, les forces de l’ordre mobilisées… Autant de dispositions qui accompagnent et tentent de contenir le phénomène festif, cet « accessoire » bien installé.
Bilan sécuritaire
Globalement, à quelques heures de sa clôture dimanche après-midi, la 563e Foire au jambon de Bayonne s’était déroulée sans heurts. Les services de police faisaient état de 9 personnes placées en garde à vue, pour essentiellement des faits de vol à la tire de téléphones mobiles et de moyens de paiement. Quelques faits de violence étaient aussi relevés mais sans conséquence grave. Des personnes alcoolisées ont aussi été interpellées pour outrage.
Dimanche matin, le décompte des verbalisations pour stationnement gênant atteignait 923, contre 1 027 au soir de la Foire en 2025. Dans le lot, 24 voitures ont fini à la fourrière, contre 43 un an plus tôt. La police municipale a évacué 70 tentes installées sur la voie publique. Elle a aussi dressé 17 contraventions pour des mictions sauvages.



