Pascal Lavergne veut transformer les vignes arrachées en fermes pour la souveraineté alimentaire
Vignes arrachées : Lavergne propose un plan pour l'alimentation locale

Pascal Lavergne, ancien député de Sud-Gironde et maire de Monségur, ingénieur agricole et éleveur, se positionne comme un acteur clé dans la réflexion sur l'avenir des terres viticoles abandonnées. Il appelle à une reconversion massive des hectares de vignes arrachées pour renforcer la souveraineté alimentaire de la Gironde, un département qui importe plus de 60 % de sa consommation alimentaire.

Un constat alarmant pour la Gironde

La Gironde, longtemps dominée par la viticulture, fait face à une crise sans précédent avec plusieurs plans d'arrachage de vignes qui redessinent les paysages de l'Entre-deux-Mers et du Nord-Gironde. Selon Lavergne, qui préside le parti Renaissance en Gironde, le département dispose d'un marché intérieur de 1,7 million de consommateurs à portée de route, mais cette opportunité n'est pas saisie. « Les terres sont là, les consommateurs sont là. Les agriculteurs, eux, attendent des signaux clairs plutôt que des injonctions contradictoires », déclare-t-il.

Au niveau national, la France importe un poulet sur deux et perd son autonomie en œufs. En Gironde, des broutards sont produits localement mais engraissés ailleurs, ce qui fait perdre la valeur ajoutée sur place. Pendant ce temps, des dizaines de milliers d'hectares de vignes arrachées restent en jachère, sans projet de reconversion.

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Une solution agronomique et politique

Pour Lavergne, ces terres constituent un support exceptionnel pour un élevage moderne et autonome. Il propose de cultiver des prairies associées à des légumineuses pour fixer l'azote de l'air, réduisant ainsi la dépendance aux engrais chimiques et favorisant une agriculture bas-carbone. « Ce n'est pas une utopie : c'est une réalité technique accessible », insiste-t-il.

Il préconise également de reconquérir la souveraineté avicole en créant des unités à taille humaine sur les zones de reconversion. Cela permettrait de produire des œufs et des poulets de proximité, offrant une alternative viable aux viticulteurs en transition. « L'enjeu n'est pas de reproduire les erreurs d'une agriculture industrielle déconnectée de son territoire, mais de construire des filières courtes, robustes, lisibles par le consommateur », souligne-t-il.

Une stratégie départementale intégrée

Pascal Lavergne critique l'action publique actuelle, qu'il juge inefficace. « Augmenter la fiscalité sur le foncier non bâti pour financer des structures administratives sans leviers réels, c'est condamner l'agriculteur avant même qu'il ait planté sa première graine », affirme-t-il. Il appelle à une stratégie départementale intégrée, reliant zones de production et bassin de consommation métropolitain. Le Plan de Relance Protéines doit devenir un investissement de départ pour une filière « Gironde » d'excellence, structurée dans la durée.

Pour lui, il s'agit d'un choix de société : « Refuser que nos campagnes s'endorment, refuser que la crise viticole soit une fatalité, et affirmer que la Gironde peut nourrir les Girondins. »

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