Loi d'urgence agricole : les sujets qui fâchent même le gouvernement
Loi d'urgence agricole : les sujets qui fâchent le gouvernement

Alors que le gouvernement présente la loi d'urgence agricole comme une réponse rapide à la crise du secteur, plusieurs mesures suscitent des débats houleux, y compris au sein de l'exécutif. Le texte, qui doit être examiné en conseil des ministres le 12 juillet, comporte des dispositions controversées sur l'irrigation, les pesticides et le contrôle des exploitations.

Irrigation : un assouplissement contesté

L'un des points les plus conflictuels concerne l'assouplissement des règles d'irrigation. Le projet de loi prévoit de faciliter la création de retenues d'eau, notamment les bassines, pour faire face aux sécheresses. Les écologistes dénoncent une mesure qui favorise l'agriculture intensive au détriment des ressources en eau. Selon une source au ministère de la Transition écologique, "cette disposition pourrait aggraver les tensions sur l'eau dans les territoires déjà fragilisés".

Pesticides : un retour en arrière redouté

Le texte propose également de suspendre l'interdiction de certains pesticides, dont le glyphosate, pour une durée de trois ans, en attendant des alternatives. Cette mesure est critiquée par les associations environnementales et par une partie de la majorité. "C'est un recul inacceptable pour la santé et la biodiversité", a déclaré un député LREM sous couvert d'anonymat. Le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, défend pour sa part une "pause réglementaire" nécessaire pour soutenir les agriculteurs.

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Contrôle des exploitations : un dispositif allégé

Le projet de loi prévoit aussi de réduire les contrôles administratifs dans les exploitations, en particulier pour les petites structures. Les syndicats agricoles majoritaires saluent une simplification, mais les associations de défense des consommateurs et des salariés y voient un risque de dérives. "Moins de contrôles, c'est plus de risques pour la qualité des produits et les conditions de travail", estime une représentante de la Confédération paysanne.

Un texte en équilibre instable

Face à ces dissensions, le gouvernement tente de trouver un équilibre. Le Premier ministre, Élisabeth Borne, a convoqué une réunion de conciliation le 5 juillet pour tenter d'aplanir les divergences. Selon un conseiller ministériel, "l'objectif est de voter la loi avant la fin de l'été, mais des amendements pourraient encore modifier le texte". Le nombre d'articles controversés est estimé à une dizaine, sur un total de 25.

Réactions des syndicats agricoles

Les syndicats agricoles sont divisés. La FNSEA, principale organisation, soutient globalement le texte, tandis que la Coordination rurale dénonce des "demi-mesures". "Nous avons besoin de mesures fortes, pas de compromis", a déclaré son président. Les Jeunes Agriculteurs, de leur côté, appellent à un "sursaut politique".

En parallèle, les ONG environnementales préparent une mobilisation pour le 15 juillet, jour de l'examen du texte à l'Assemblée nationale. Greenpeace France a annoncé des actions "pour dénoncer un projet de loi qui sacrifie l'environnement sur l'autel de l'agriculture intensive".

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