Crise du poireau français : les grandes surfaces appellent à la mobilisation des consommateurs
Crise du poireau français : les grandes surfaces appellent à la mobilisation

Crise du poireau français : les grandes surfaces appellent à la mobilisation des consommateurs

Dans un contexte de surproduction menaçant la filière agricole tricolore, plusieurs acteurs majeurs de la grande distribution ont lancé un appel urgent ce mardi. Auchan, Carrefour, Casino, Coopérative U et Intermarché exhortent leurs clients à consommer davantage de poireaux français pour soutenir les producteurs en difficulté.

Une surproduction aux conséquences dramatiques

Dans un communiqué commun, les cinq enseignes alertent sur la situation critique de la filière du poireau. "Si les volumes ne sont pas consommés très rapidement, ils risquent d'être perdus, entraînant une chute des prix pour les producteurs", argumentent-elles. Cette surproduction est attribuée à des conditions climatiques exceptionnellement douces qui ont accéléré la croissance des légumes.

Cette mobilisation fait écho à un appel similaire lancé il y a quelques semaines pour les choux-fleurs, illustrant les difficultés récurrentes du secteur maraîcher français face aux aléas météorologiques.

Les mesures concrètes des distributeurs

Les grandes surfaces affirment avoir mis en place plusieurs actions pour soutenir la filière :

  • Renforcement des volumes de poireaux français référencés
  • Mise en avant spécifique de ce produit en rayon
  • Théâtralisation en magasin pour attirer l'attention des consommateurs

Néanmoins, les distributeurs insistent sur le fait que "si la mobilisation des distributeurs est pleinement engagée, la sortie de crise repose également sur l'acte d'achat" des consommateurs.

Le désarroi des producteurs

La chute des prix frappe durement les agriculteurs. Jean Decherf, producteur de poireaux dans le Nord, témoigne : "On a eu une dure sécheresse au mois d'août-septembre, donc en plus de ne pas avoir de prix, on n'a pas de rendement". Dans la région des Flandres, les rendements seraient inférieurs de 10 à 15 tonnes par hectare.

Ses poireaux se vendent actuellement entre 50 et 60 centimes le kilo, alors qu'au moins 75 centimes seraient nécessaires pour couvrir ses charges de production. "Tous les matins se lever et aller au boulot en sachant qu'on ne va rien gagner aujourd'hui, c'est un peu démotivant", confie-t-il, ajoutant qu'une deuxième année semblable serait insupportable.

Un travail agricole sous-évalué

Christian Decherf, père de Jean et président de la section locale de la FNSEA, souligne l'importance du travail fourni : "Un poireau, du repiquage à l'emballage, il passe 11 fois dans la main du producteur, donc il y a un travail énorme qui est fait". Il appelle les grandes surfaces à reconsidérer leurs politiques tarifaires pour mieux rémunérer ce travail.

Cette crise intervient après un été déjà difficile pour les producteurs de légumes. La FDSEA de la Manche avait alerté fin d'année dernière sur l'effondrement des prix du poireau et des choux, qui ne couvraient plus les coûts de production.

La mobilisation conjointe des grandes surfaces représente un signal fort de la prise de conscience des enjeux agricoles, mais son efficacité dépendra largement de la réponse des consommateurs français face à cet appel à la solidarité avec leurs producteurs nationaux.