Les viticulteurs de Cognac pourraient recevoir une aide de 4 500 euros par hectare de vignes arrachées, sans perdre leurs droits de plantation. Ce dispositif, financé localement, serait unique en France.
Une crise qui s'aggrave
Les ventes de cognac ont chuté de près de 44 % en Amérique du Nord, de 20 % en Europe et de 12 % en Asie sur les douze derniers mois. Le chiffre d'affaires s'établit à 2,15 milliards d'euros, soit presque deux fois moins que le record de 2022 (3,9 milliards). Les expéditions sont passées de 210 millions de bouteilles à moins de 140 millions.
Un plan d'arrachage temporaire et primé
Présenté le 30 avril 2026 à Cognac par le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC), le plan prévoit l'arrachage de 12 000 à 13 000 hectares sur plusieurs années, soit près de 15 % des surfaces de l'appellation. L'aide est de 4 500 euros par hectare : 3 000 euros la première année et 1 500 euros au bout de cinq ans. Le viticulteur peut alors replanter ou, s'il change d'avis, bénéficier d'une aide totale de 6 000 euros pour un arrachage définitif.
Florent Morillon, président du BNIC, a déclaré : « Avec la guerre au Moyen-Orient et ses effets collatéraux, la situation s'est aggravée. Nous ne voyons aucune éclaircie à court et moyen termes. »
Un sondage pour évaluer les besoins
Un précédent plan national d'arrachage définitif n'a attiré que 128 exploitants pour 530 hectares, loin des 2 000 hectares espérés. Un sondage sera adressé aux viticulteurs du 1er juin au 31 juillet 2026, suivi d'un appel à manifestation d'intérêt à l'automne.
La filière réclame également une aide de 30 à 40 millions d'euros à l'Union européenne en réparation des pertes liées à la guerre commerciale avec la Chine sur les véhicules électriques et les brandys.



