Céline Imart est partout. Ce mardi matin, à 7h40, l’eurodéputée LR est à Paris, sur le plateau de Franceinfo, où elle défend, entre autres, la candidature de Bruno Retailleau à l’élection présidentielle. Puis elle file à Strasbourg, où elle arrive juste à temps pour voter, entre midi et deux, le cadre financier pluriannuel (CFP) qui fixe les plafonds de dépense de l’UE. Sans avoir vraiment déjeuné, l’élue commande, au bar des députés, un café qu’elle terminera avant qu’il n’ait le temps de refroidir… Voilà à quoi ressemblent, en ce moment, ses journées. Il faut ajouter à ce planning chargé la gestion de sa ferme dans le Tarn.
Depuis dix jours, Céline Imart, engagée dans une folle course contre-la-montre, se démultiplie. Son objectif : faire plier la Commission européenne sur ce maudit Mercosur. Car le 1er-Mai ne marque pas seulement la Fête du Travail ; c’est aussi, en quelque sorte, la fête de la Commission. Sa présidente, Ursula von der Leyen, a gagné. En dépit des réserves de quelques pays - dont la France ; malgré le vote surprise des eurodéputés, qui sont parvenus à suspendre le texte avec la saisine, le 21 janvier, de la Cour de justice de l’Union européenne ; malgré, enfin, les importantes manifestations d’agriculteurs, le fameux accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur entre provisoirement en vigueur ce vendredi.
Une mobilisation acharnée
L’eurodéputée ne ménage pas ses efforts. Elle enchaîne les interventions médiatiques, les réunions avec les groupes politiques et les contacts avec les représentants agricoles. Sa ferme dans le Tarn, qu’elle gère à distance, subit les conséquences de cette absence prolongée. Mais pour elle, l’enjeu est crucial : cet accord menace directement les agriculteurs français, déjà fragilisés par des crises successives.
Les arguments de l’opposition
Les détracteurs du Mercosur dénoncent un traité déséquilibré, qui favorise les importations de viande et de soja sud-américains au détriment des normes environnementales et sanitaires européennes. Ils pointent du doigt le risque de concurrence déloyale et l’impact sur la souveraineté alimentaire. Malgré ces critiques, la Commission maintient sa position, arguant que l’accord stimulera les exportations et renforcera les liens diplomatiques.
Alors que le 1er-Mai approche, Céline Imart et ses alliés tentent un dernier baroud d’honneur. Mais le temps presse. L’entrée en vigueur provisoire est une étape décisive, que les opposants espèrent encore freiner par des recours juridiques ou une mobilisation politique de dernière minute.



