Crise viticole : le vignoble bordelais perd 17 515 hectares en deux ans
Bordeaux : 17 515 hectares de vignes arrachés en deux ans

Dans un vignoble qui a perdu 17 515 hectares entre 2023 et 2025, c'est l'AOC Bordeaux rouge et les côtes qui payent le plus lourd tribut, alors que les vins blancs résistent. C'est le chiffre officiel : le vignoble girondin compte 91 450 hectares, selon les déclarations de récolte du millésime 2025 qui viennent d'être publiées. Face à la crise qui le frappe depuis plusieurs années, les instances dirigeantes – État, interprofession, Bruxelles – ont mis en place des plans d'arrachages : les vignerons volontaires touchent une prime (4 000 ou 6 000 euros selon les cas) pour détruire leurs parcelles.

Une hémorragie sans précédent

Lancée en 2023, cette politique a vite donné les résultats escomptés : le plus grand département viticole du pays est passé de 108 965 hectares (récolte 2023), à 100 394 (récolte 2024) puis à 91 450 hectares (récolte 2025). Ce sont là 17 515 hectares arrachés en deux ans (16 % du vignoble), une hémorragie sans équivalent dans l'histoire récente. À titre de comparaison, c'est plus que les vignobles de Dordogne et du Lot-et-Garonne réunis. Depuis le début du siècle, c'est en 2005 que le vignoble bordelais avait atteint son apogée avec 123 300 hectares.

Le Médoc à la peine

Bien sûr, toutes les zones ne sont pas impactées de la même manière. C'est l'AOC Bordeaux rouge, celle qui est à la base de la pyramide des 37 AOC existantes, qui paye le plus lourd tribut : plus de 6 000 hectares volatilisés, pour atterrir à 21 850 hectares aujourd'hui. L'AOC Bordeaux supérieur est également entraînée à la baisse (- 2 200 hectares). La famille des côtes est l'autre principal contributeur, en passant de 12 700 hectares à moins de 10 000. Les AOC Bourg, Castillon et Blaye perdent un quart de leur surface.

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Des appellations a priori mieux cotées sont aussi impactées. Sachant également qu'environ un tiers des surfaces arrachées l'ont été sans prime : des producteurs se concentrent sur les meilleurs terroirs, tout en gardant la possibilité de replanter plus tard (ce qui n'est pas possible avec les arrachages primés).

L'AOC Médoc est le symbole de cette crise qui touche tout le monde, passant de 5 300 hectares en 2023 à 4 200 en 2025. Avec comme effet corollaire, ici et ailleurs, la chute du prix du foncier. Des milliers d'hectares à la vente ne trouvent pas preneur. Des propriétaires cherchent des fermiers, même pour zéro euro, juste pour entretenir la parcelle. Toujours dans la presqu'île, l'AOC Haut-Médoc glisse de 4 500 à 3 800 hectares.

Les vins non AOC résistent

Du côté des meilleures nouvelles, on trouve les blancs secs (bordeaux blanc, graves…) qui ne perdent « que » 800 hectares (9 200 hectares en 2025). Les blancs doux (sauternes, barsac…) sont à presque - 10 % (2 310 hectares). Le crémant blanc reste stable (1 600 hectares).

Le dernier point concerne les vins non AOC. En effet, sur les 91 450 hectares récoltés en 2025, les AOC représentent 86 470 hectares. Les autres sont des indications géographiques protégées (IGP), et les Vins de France. Cette famille résiste plutôt bien à la crise, passant de 5 750 hectares en 2023 à 5 000 en 2025.

Avec un nouveau plan d'arrachage national qui va se déployer cette année, la récolte 2026 devrait être amputée d'environ 10 000 hectares supplémentaires. (Source : Direction générale des douanes)

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