Les 45 vaches bloquées depuis ce vendredi 3 juillet 2026 dans les Alpes-Maritimes ont finalement repris la route ce dimanche 5 juillet au matin, à bord d'un camion, en direction de l'Italie. Destinées à un abattoir transalpin, ces bovins ont connu une épopée marquée par des pannes mécaniques et des conditions de détention jugées indignes par les associations de protection animale.
Un transport interrompu par une panne sur l'A8
L'aventure a commencé vendredi, lorsque la bétaillère transportant les 45 vaches entre l'Espagne et l'Italie est tombée en panne sur l'autoroute A8, à hauteur de Nice-Nord. Après une longue attente, les animaux ont été évacués vers un terrain de la Chambre d'agriculture des Alpes-Maritimes, à La Gaude. Sur place, les défenseurs des bêtes, dont l'Alliance pour le respect et la protection des animaux (Arpa), ont suivi la situation de près.
Une mobilisation des associations et des autorités
Henry-Jean Servat, adjoint au maire de Nice délégué au Bien-être animal, a fait parvenir des camions citernes pour arroser les bovins face à la canicule. Des vétérinaires de la direction départementale de la protection des populations se sont déplacés pour vérifier leur état de santé. Anne-Marie David, présidente de l'Arpa, raconte : « Monsieur Servat a fait parvenir des camions citernes pour arroser les bovins. Des vétérinaires de la direction départementale de la protection des populations se sont déplacés pour vérifier que les bêtes n'étaient pas en souffrance. Nous avons cru que les vaches seraient libérées et bien traitées. »
Une nouvelle panne et un enfermement prolongé
Samedi, la pièce défectueuse du camion a été changée, mais elle n'a pas tenu le coup, provoquant une nouvelle panne. Le convoi est retourné sur le terrain de La Gaude. À 20 heures, Anne-Marie David a reçu un appel alarmant de Frédérique Goutard, présidente de Cheval libre 06 : « Une amie est passée voir les vaches, elles sont entassées dans le camion ! » Anne-Marie David dénonce : « Entre vendredi et samedi, les vaches devaient rester 24 heures à se reposer, dehors, avant de reprendre la route. En fait une grosse partie est restée enfermée dans une bétaillère vétuste à 2 étages. On nous a fait croire qu'elles étaient libres. »
Des signes de souffrance observés
Un témoin a pris des photos montrant les vaches baver, ce qui, selon les défenseurs des animaux, est un signe de faim et de soif intenses. D'autres clichés révèlent que les animaux se sont soulagés directement dans la bétaillère, prouvant leur enfermement prolongé. Anne-Marie David ajoute : « Quand les vaches bavent, c'est qu'elles meurent de faim et de soif ! »
Une intervention tardive et un départ vers l'Italie
Finalement, les associations, rejointes par Les Papattes villeneuvoises et la gendarmerie, ont obtenu que les vaches soient descendues du camion à 23 heures samedi, pour être nourries et abreuvées. Henry-Jean Servat fulmine : « Les services de l'État sont restés injoignables. » Ce dimanche matin, le parquet de Grasse aurait considéré qu'il n'y avait pas de maltraitance reconnue, information non confirmée par le procureur. La préfecture des Alpes-Maritimes a déclaré : « Les vaches ont été mises en sécurité, nourries, abreuvées » et « ont repris la route vers l'Italie, cette fois à bord d'un autre camion. À notre demande, le chauffeur nous a prévenus lors du passage de la frontière. »
Un appel à des mesures pour le transport animal
Henry-Jean Servat ne décolère pas : « Cette affaire doit mettre en évidence l'absence d'aires de repos pour les animaux destinés aux abattoirs. De nos jours, comment peut-on encore les faire voyager dans de telles conditions ? Ce calvaire qu'on a fait vivre aux 45 vaches est immonde ! »



