La deuxième phase des travaux de préservation et de sécurisation du château du Castellas se poursuit. Elle devrait se terminer en avril 2027. La tâche est considérable et délicate, à la hauteur de l’édifice et eu égard à son âge : un peu plus de 1 000 ans. Le Castellas de Forcalqueiret est l’objet d’une attention particulière. Les échafaudages, visibles de loin, témoignent de travaux d’envergure. Il s’agit de figer sa silhouette, de préserver sa stature des vicissitudes du temps qui l’ont bien marqué et blessé au fil des siècles.
Un chantier de préservation, pas de reconstruction
Bien entendu, il ne va pas être reconstruit sur ses ruines à l’identique – il ne s’agit pas de travaux de restauration à proprement dit –, mais ses pierres encore debout retrouvent petit à petit leur lustre d’antan et ses murs de la solidité. Le maire, Gilbert Bringant, suit de près ce chantier avec enthousiasme. Accompagné de son adjoint Manuel Mouttet, du conseiller municipal Marc Antoine Astier et du chef des services techniques, ils ont fait, tout dernièrement sur site, le point avec l’architecte. À terme, l’édile et son équipe ont pour projet d’ouvrir à la visite le château.
Première phase achevée, la plus urgente
Une chose est d’ores et déjà acquise : la première phase, qui portait sur le logis (nord-ouest du château), est terminée (2022-2023). « C’était la plus urgente parce que c’était la partie la plus menaçante de s’écrouler », précise Philippe Matonti, architecte du patrimoine, maître d’ouvrage. L’année dernière, la deuxième phase a été lancée. « On fait tout le reste. » Soit des travaux de sécurisation et de préservation du patrimoine sur toutes les parties de l’édifice. « Mais à un moment donné pour sécuriser, on est obligé de cristalliser, c’est-à-dire bloquer, figer un élément avec du mortier en rajoutant quelques pierres. »
Des techniques traditionnelles et complexes
Les techniques traditionnelles anciennes sont employées. « On essaie de retrouver les mortiers se rapprochant le plus au niveau de la texture et de la teinte. » Sable, chaux et eau sont utilisés. Les murs sont nettoyés « pour enlever la patine biologique ». Des joints sont refaits. « Et on couline dans les murs, c’est-à-dire on injecte par gravité du mortier très fluide pour venir re-remplir la maçonnerie vidée avec le temps par l’effet de l’eau. On remaille aussi. On vient remettre des moellons à des endroits où il y a des trous en porte-à-faux. »
Selon les désordres, des techniques plus complexes sont privilégiées. Sur la façade sud, deux grandes voûtes sont en porte-à-faux. La question se pose de les maintenir « sans nuire à l’image du monument. On va devoir percer des pierres, rentrer des tiges ». Le chantier – suivi par la Drac, les archéologues et écologues – suit son cours. Des échafaudages – après avoir été démontés sur site – ont pris place dans la cour. D’autres ont été montés sur la face nord. Bientôt, ils seront positionnés au sud. Les spécialistes vont également s’affairer à la tâche dans les salles (nord, est, de service, citerne, carnerie). Ils apportent les dernières touches sur le toit terrasse entièrement refait. « On a réalisé une étanchéité en mortier avec de la pouzzolane. »
Financement et perspectives
Le coût total (première et deuxième phase) des études, de la maîtrise d’œuvre et des travaux s’élève à 1,93 million d’euros. L’État a apporté 35 % d’aides financières, la Région 35 %, la Fondation du patrimoine 8 % et une convention de financement 1 %. Le reste est à la charge de la commune par autofinancement. Les travaux devraient prendre fin en avril 2027. Le maire et son équipe se pencheront alors plus en avant sur la potentielle ouverture des portes du Castellas aux visiteurs.



