Giulio Magnanini quitte l'Opéra de Nice après 31 ans pour Gênes
Giulio Magnanini quitte Nice pour Gênes après 31 ans

Après plus de 30 ans à l’Opéra de Nice, le chef des chœurs Giulio Magnanini s’envole pour Gênes. Après trente et un ans passés à façonner et diriger les chœurs de l’Opéra de Nice, Giulio Magnanini s’apprête à faire ses adieux au public azuréen ce samedi 6 juin 2026 au terme de la dernière représentation de La Traviata. Recruté en 1994, le maestro italien, en partance pour l’Opéra de Gênes, revient sur une carrière intense marquée par de grands moments de communion artistique et républicaine.

Un recrutement sous la pluie

C’était un jour de mai 1994 où, curieusement, il pleuvait des cordes sur Nice. Le jeune Giulio Magnanini s’était levé à 4 heures du matin à Imperia pour venir d’Italie passer l’audition de recrutement d’assistant-chef de chœur à l’opéra de Nice qui avait été fixée à 7 heures du matin. Arrivé à Nice sans parapluie – il faisait beau en Italie – et, ayant chuté dans une flaque à la sortie du parking, il est arrivé sur place dans des habits dégoulinants. Les choses commençaient mal ! « Chante-moi les airs de La Tosca en t’accompagnant au piano », lui avait alors demandé d’un ton sévère le chef de chœur Dante Ghersi. Il faut croire que, malgré ses vêtements trempés, Giulio Magnanini a donné satisfaction puisqu’il a été engagé.

Un destin tragique

Dès l’année suivante, il est passé du rôle d’assistant à celui de chef. Et cela dans de dramatiques circonstances. « Pendant les répétitions du spectacle de Noël, raconte-t-il, j’avais remarqué que le chef Dante Ghersi ne se sentait pas bien. Il a demandé à faire une pause. Je l’ai accompagné dans son bureau. Et là, pris d’une attaque, il s’est effondré et est mort dans mes bras. Il a juste eu le temps de me demander de dire adieu à ses enfants. » Ainsi, peu après, Giulio Magnanini est devenu chef des chœurs de l’Opéra de Nice.

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31 années de passion

Trente et une années ont passé depuis. Trente et une années de spectacles, de soirs triomphants et d’inquiétudes de coulisses. Trente et une années passées à accompagner les grandes voix, à dialoguer avec les chefs d’orchestre, à négocier avec les metteurs en scène, à transformer ses choristes en soldats, en paysans, en seigneurs, en moines ou en conspirateurs. Trente et une années à lancer vers la salle ces grands airs collectifs qui soulèvent le public.

Des moments inoubliables

Ce samedi 6 juin 2026, au terme de la dernière représentation de La Traviata, il saluera les Niçois pour la dernière fois. Il vient d’être engagé à l’Opéra de Gênes. Il quitte Nice. Il aura le cœur serré. Il retient deux moments parmi les plus émouvants qu’il a vécus : « Le premier est lorsque nous avons chanté en hommage aux victimes de l’attentat du 14 juillet. Nous avions la gorge serrée, les larmes aux yeux. L’autre moment se situe en 2012, loin de Nice, à Saint-Pétersbourg, où notre chœur était en tournée, et où le concert fut si réussi que, vingt-deux ans après, j’en ressens encore les vibrations ». Sans oublier l’inauguration du nouveau stade de football : « Nous avons entonné Nissa la bella. Tout le stade l’a reprise. C’était la première fois que je dirigeais un chœur de 25 000 personnes ».

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