Le guitariste Yerai Cortes, 32 ans, ne cache pas son impatience. « Je n’ai jamais senti le poids de l’académisme », lance-t-il d’emblée. Ce musicien espagnol, né à Alicante, est en train de bousculer le monde du flamenco avec son approche audacieuse. Son nouvel album, « Tierra », sorti le 10 juin, est un mélange explosif de tradition et d’électronique.
Un parcours hors des sentiers battus
Yerai Cortes a commencé la guitare à 8 ans, mais il a rapidement rejeté les écoles de flamenco classiques. « On m’a dit que je jouais mal, que je ne respectais pas les règles. Mais pour moi, le flamenco est un art vivant, pas un musée », explique-t-il. Il a préféré apprendre en écoutant des disques de Paco de Lucía et en jouant dans les rues de Séville. À 20 ans, il a remporté le prix du meilleur guitariste au Festival de Flamenco de Jerez.
Un album qui défie les conventions
« Tierra » compte 12 titres, dont des collaborations avec le chanteur Israel Fernández et le producteur Raül Refree. Le single « Fuego » cumule déjà plus de 2 millions d’écoutes sur Spotify. « J’ai utilisé des samples de bruits de la nature, des machines, et même des voix trafiquées. Le flamenco doit évoluer », affirme Cortes. Le critique musical du journal El País, Fernando Neira, a salué un « album révolutionnaire qui ouvre le flamenco à de nouveaux horizons ».
Un rejet de l’académisme assumé
Pour Cortes, l’académisme est un frein à la créativité. « Les puristes disent que je ne fais pas du vrai flamenco. Mais qu’est-ce que le vrai flamenco ? C’est un art né du peuple, pas des conservatoires », s’emporte-t-il. Il cite comme influences des artistes aussi divers que le jazzman John McLaughlin et le groupe de rock alternatif Radiohead. « La guitare flamenca peut tout jouer », insiste-t-il.
Une tournée internationale
Après avoir rempli le Teatro Real de Madrid, Yerai Cortes entame une tournée qui passe par Paris, Londres et New York. « Je veux montrer que le flamenco est universel », déclare-t-il. Les billets pour son concert parisien du 15 juillet à la Philharmonie sont déjà épuisés. Un deuxième concert a été ajouté le 16 juillet.
Un regard vers l’avenir
Le musicien prépare déjà un projet avec l’Orchestre national d’Espagne. « Je veux mélanger le flamenco avec la musique symphonique, mais à ma manière, sans respecter les codes », confie-t-il. « Le flamenco doit rester un art de la rébellion. »



