Le Marseillais Anthony Favier, 40 ans, alias Nto, est l'une des têtes d'affiche du festival Club Peyrou, ce samedi 4 juin à Montpellier. Tenant d'une musique électro mélodique et mélancolique, il se confie sur sa nouvelle vie et son nouvel album après le deuil d'avoir perdu ses parents.
Montpellier, source d'inspiration
« Jouer à Montpellier a toujours pour moi une saveur particulière, c'est là où je me suis ouvert à la musique électronique, en sortant beaucoup à la Villa Rouge ou au Bar Live, c'était extraordinaire », confie Nto. Né et ayant grandi à Marseille, il passait tous ses week-ends à Montpellier de 18 à 25 ans. « Ça a façonné mon son, Delon, Dalcan, Cebb, tous ces DJ's jouaient de cette techno minimale allemande, j'ai été biberonné à tout ce mouvement. »
Un nouveau single et un album à venir
Ce samedi 4 juillet, Nto proposera un live de ses productions à une période charnière : « Je sors un album en octobre. Un single est sorti il y a quelques jours, I cared for you, un titre que j'ai fait avec Montrouge et le chanteur Noa Coulaga. C'est le deuxième de la série, après Fior di macchia. Je vais jouer ces nouveautés et des morceaux plus classiques. »
L'album sera plus personnel et introspectif. « J'ai traversé une période compliquée ces deux dernières années, j'ai ressenti le besoin de faire beaucoup de musique et là j'arrive au moment où je vais tout délivrer, je suis très heureux avec une tournée d'une année qui arrive dans des clubs et des salles européennes. » Il annonce des collaborations, notamment « un titre avec Enfant sauvage, un des deux du duo The Blaze ».
Une musique toujours mélancolique mais solaire
« C'est mon son, toujours un peu mélancolique et mélodique, la période était dure, mais l'album n'est pas triste, il est quand même très solaire et je suis impatient de voir l'accueil des gens », explique Nto. Il a vécu des bouleversements : « J'ai perdu mes deux parents coup sur coup, ça a été bouleversant. Je vais avoir 40 ans, c'est une période charnière. J'ai éliminé les choses nocives, j'ai arrêté de boire notamment et tout le reste, ça fait deux ans que je suis sobre, je me sens infiniment mieux. »
La scène comme thérapie
« Je joue beaucoup en ce moment, je sens un lien fort avec les gens et qui a tendance à se renforcer. Comme je suis un peu plus droit dans mes baskets, je suis encore plus investi dans la performance live, encore plus authentique et c'est encore plus libérateur qu'avant et l'échange avec les gens est encore plus intense. La scène guérit beaucoup », affirme-t-il.
Jouer en extérieur au Peyrou
« En intérieur, j'aime l'énergie des petits clubs, mais l'extérieur, ouvert, communiquer avec une grande foule, j'adore aussi. Surtout à Montpellier dans ce lieu mythique, je suis impatient. »
Réflexions sur l'IA et la politique
Sur l'intelligence artificielle, Nto est partagé : « J'ai commencé le son il y a 20 ans, les premiers logiciels sortaient, il n'y avait pas de tuto. Plus les évolutions technologiques arrivent, plus ça facilite le travail des producteurs et nous permet d'aller plus loin. L'IA ouvre des portes en termes de créativité. Mais il y a aussi 70 000 morceaux fabriqués par l'IA qui sortent par jour, et là c'est dramatique, c'est en confrontation directe avec les projets émergents. Comme dans toute évolution technologie très forte, il faut de la régulation. »
Quant à la politique, il déclare : « J'ai des opinions politiques et je sais que dans mon propos artistique, je suis aligné avec mes valeurs de fonds : la liberté, la tolérance, le respect de chacun, l'ouverture d'esprit, le lâcher prise. Ce sont les valeurs profondes de la techno et j'essaie de les défendre et les transmettre. »
Un appel aux hésitants
À ceux qui préféreraient regarder le football samedi soir, Nto lance : « Venez m'écouter parce que je ne passe pas souvent à Montpellier, et le match de foot on pourra le revoir en rediffusion ! Moi ce sera assez unique comme show, c'est un live, une expérience à vivre. »
Le Club Peyrou se déroule samedi 4 juillet aux jardins du Peyrou à Montpellier, avec Cebb, Nto et Kompromat (Vitalic et Rebeka Warrior) en live, de 17 h à 1 h. Tarifs : 44 €/48 € ou 59 € (pass VIP) et 15 € pour les moins de 15 ans.



