Le musicien argentin Melingo, de son vrai nom Roberto Melingo, est mort à l'âge de 67 ans. Il était une figure majeure et iconoclaste du tango contemporain, connu pour avoir fusionné les codes traditionnels avec des influences rock, punk et électroniques. Sa disparition a été annoncée par sa famille le 1er juillet 2026.
Un parcours hors norme
Né en 1959 à Buenos Aires, Melingo a commencé sa carrière dans les années 1980 au sein du groupe de rock argentin Los Abuelos de la Nada. Il a ensuite exploré le tango, genre qu'il a révolutionné en y intégrant des instruments modernes et des textes provocateurs. Selon le critique musical Juan Carlos Diez, « Melingo a été le premier à oser un tango électrique, sans perdre l'essence mélancolique du genre ».
Un héritage musical riche
Son album le plus célèbre, « Tango del Diablo » (2002), a été salué par la critique et a contribué à populariser le tango auprès d'un public jeune. Il a vendu plus de 500 000 exemplaires dans le monde. Melingo a également collaboré avec des artistes internationaux comme Gotan Project et Bajo Fondo. Le journal argentin Clarín a souligné que « son style unique a ouvert la voie à une nouvelle génération de musiciens de tango ».
Réactions et hommages
De nombreuses personnalités du monde de la musique ont rendu hommage à Melingo. Le guitariste et compositeur Gustavo Santaolalla a déclaré : « Melingo était un visionnaire. Il a su montrer que le tango n'était pas figé dans le passé, mais vivant et en constante évolution. Sa perte est immense pour la culture argentine. » Le ministère de la Culture argentin a également exprimé ses condoléances, saluant « un artiste qui a marqué l'histoire du tango moderne ».
Melingo laisse derrière lui une discographie de 12 albums, dont le dernier, « Algo Nuevo », sorti en 2024. Il devait entamer une tournée européenne en septembre 2026. Son décès a suscité une vive émotion parmi ses fans, qui ont organisé des veillées improvisées à Buenos Aires.
Impact et postérité
Au-delà de sa musique, Melingo était également connu pour son engagement politique. Il avait critiqué à plusieurs reprises les gouvernements conservateurs argentins et défendu les droits des minorités. Son influence dépasse le cadre musical : il a inspiré des artistes visuels, des danseurs et des cinéastes. Le film « Tango Libre » (2012) de Frédéric Fonteyne s'inspire de son univers.
La ville de Buenos Aires a annoncé qu'une rue porterait son nom dans le quartier de San Telmo, haut lieu du tango. Sa musique continue d'être diffusée sur les ondes et dans les milieux underground, confirmant son statut de figure incontournable du tango contemporain.



