Michael Jackson : Le verdict, un docu Netflix qui ravive les accusations
Michael Jackson : Le verdict, docu Netflix sur les accusations

Soixante jours de débats, d’interrogatoires, de contre-interrogatoires, de délibérations. Le 13 juin 2005, retransmis en direct à la radio, les conclusions des douze jurés du procès du roi de la pop sont sans appel. Dans Michael Jackson : Le verdict, Netflix revient dans les moindres détails sur les événements qui ont largement entaché la carrière du chanteur de Thriller. Des événements que le film d’Antoine Fuqua, Michael, sorti en salles le 22 avril dernier, prend soin d’éluder.

Sept chefs d’accusation accablants

Michael Jackson : Le verdict ne risque pas d’enthousiasmer les fans de la star qui ont dansé le moonwalk en sortant de la projection du film Michael, au cinéma depuis le 24 avril. Depuis le 3 juin, Netflix streamme de son côté son documentaire en trois parties (de 45 à 55 minutes) sur ce que le long métrage d’Antoine Fuqua n’a pas abordé : les accusations de pédocriminalité à l’encontre de la star dès 1993 et son procès, en 2005. Michael Jackson était alors jugé pour : « actes obscènes sur un mineur visant à exciter, séduire et satisfaire les passions et les désirs sexuels de Jackson et de l’enfant », et deux chefs d’accusation pour « administration d’un agent enivrant, ici de l’alcool, dans l’intention d’une agression sexuelle ».

À la recherche de « pièces secrètes »

Alors que les second et troisième volets du documentaire de Netflix relatent avec un soin maniaque les audiences souvent surprenantes du procès de « Bambi », le premier chapitre est de loin le plus éprouvant. Le plus glauque, même… Nous sommes en novembre 2003 et l’on assiste à la perquisition par 60 enquêteurs de Neverland, la propriété de 1 200 hectares de Michael Jackson, située à trois heures de Los Angeles. Images policières à l’appui, on découvre les arcanes des lieux où la star a installé un parc d’attractions, une grande roue, une fête foraine, et même un zoo avec des éléphants, des girafes et un ours ! Mais c’est dans la maison que les policiers concentrent leurs recherches, tentant même de trouver des « pièces secrètes ».

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Diffusé en février 2003, soit quelques mois avant cette perquisition, le documentaire Living with Michael Jackson (en français : Vivre avec Michael Jackson) de Martin Bashir a mis le feu aux poudres. Dans une interview, Michael Jackson présente assis à ses côtés et lui tenant la main affectueusement, le jeune Gavin Arvizo, un enfant de 13 ans avec lequel il avoue partager son lit. « La plus belle preuve d’amour, c’est de partager son lit », dixit la star. Jackson aurait voulu se suicider médiatiquement, qu’il ne s’y serait pas pris autrement. « Voilà qui marqua le début de la fin de sa vie », confirme dans le documentaire de Netflix J. Randy Taraborelli, ami et biographe de Jackson.

Et effectivement, les policiers découvriront bien à Neverland une « pièce cachée », en haut d’un étroit escalier couvert de moquette épaisse, avec une mezzanine, un lit king-size et un carillon prévenant d’une arrivée inopinée… Si la plainte de Gavin Arvizo a mis en route la machine judiciaire, ce n’est pas la première fois en cette année 2003 que le nom de Michael Jackson est associé à des actes pédophiles. En 1993, déjà, Jordan Chandler, 13 ans, aurait été abusé par la star… Un accord à 23 millions de dollars avait alors permis d’étouffer l’affaire…

Un procès aux nombreux retournements

Durant le procès de Michael Jackson qui se déroula de janvier à juin 2005, d’autres noms de victimes furent évoqués, dont celui de Jason Francia, le fils d’une femme de ménage de Jackson, qui aurait été abusé à trois reprises par la star… alors qu’ils regardaient ensemble des dessins animés. Le nom de l’acteur Macaulay Culkin aussi, la vedette de Maman, j’ai raté l’avion, qui vint témoigner le 44e jour du procès… et laver Michael Jackson des soupçons pouvant peser sur lui.

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À force de témoignages (dont celui de la journaliste Diane Dimond qui avait révélé les premières accusations d’abus sexuels sur mineurs à l’encontre du roi de la pop), le film Michael Jackson : Le verdict décode aussi les rouages de la justice. Et réserve des surprises. Face à ce qui semble des preuves accablantes de la culpabilité du chanteur, le travail des avocats fait son œuvre implacable. Discréditant certains témoins (dont Janet Arvizo, la maman du jeune plaignant), Mesereau, le ténor du barreau qui défend Jackson, sait avec une habileté cruelle leur faire perdre de leur crédibilité.

Et il y a ces rebondissements, comme avec Debbie Rowe, l’ex-femme de Jackson dont on imaginait qu’elle se présenterait à la barre pour accabler le père de ses deux enfants, mais qui, finalement, lâche en regardant l’accusé : « Michael, je te trouve formidable » (sic !). De quoi instiller le doute dans l’esprit des jurés.

Parallèlement, le film réalisé par Nick Green révèle en filigrane le lent déclin physique (et sans doute mental) de Michael Jackson, visiblement totalement dépassé par les événements qui l’accablent, hors sol, tentant malgré tout d’entretenir le lien avec ses fans. Confirmation avec les propos de Kerry Anderson, son fidèle directeur de la sécurité, qui a vu son employeur s’éteindre à petit feu durant les 60 jours de son procès. Lorsque le verdict innocenta Michael Jackson de l’ensemble des accusations portées contre lui, le roi de la pop retint toute forme émotion en sortant du tribunal. Il semblait ailleurs. Et disparut le 25 juin 2009.