Karine Le Marchand, animatrice préférée des Français, s'est confiée sur son expérience du racisme et son documentaire "Les nouveaux Français, 100 ans d'immigration", diffusé le lundi 9 février sur M6. Dans un entretien, elle explique avoir été confrontée au racisme dès l'enfance, notamment lorsqu'un petit garçon l'a traitée de "sale chinoise" à la maternelle. Sa mère lui a raconté qu'elle avait griffé le visage de l'enfant, et la directrice de l'école avait alors soutenu son geste de défense.
Un documentaire sur l'immigration pour montrer la réussite
Le documentaire retrace 100 ans d'immigration en France, avec des archives inédites et des témoignages. Karine Le Marchand souligne qu'un Français sur trois est issu de l'immigration, mais que les réussites sont souvent occultées. "On parle beaucoup plus souvent de ce qui est problématique que de ce qui est réussi", déclare-t-elle. Elle-même se considère comme profondément française, tout en étant consciente de ses origines burundaises par son père.
Racisme : des expériences fondatrices
Karine Le Marchand raconte avoir été traitée de "sale négresse" à plusieurs reprises. La première fois, à 3 ou 4 ans, elle ne s'en souvient pas, mais sa mère lui a rapporté l'incident. La directrice de l'école a alors puni l'agresseur et renforcé son sentiment de légitimité à se défendre. "Je pense que ça a été fondateur", confie-t-elle.
Test ADN : des origines multiples
Dans le cadre du documentaire, elle a effectué un test ADN qui a révélé des origines variées : Amérique du Sud, Allemagne, Suisse, pays du Nord, Maghreb, Afrique noire, ainsi que des origines juives, catholiques et probablement musulmanes. "Cela m'a beaucoup touchée de voir de quoi je suis issue", dit-elle.
Le communautarisme et le repli identitaire
L'animatrice s'interroge sur le phénomène récent de générations nées en France qui revendiquent l'identité de leurs parents ou grands-parents. "Choisir ce qu'on est, quand on est un mélange de cultures, c'est forcément abandonner une part de soi", estime-t-elle. Elle se définit par de multiples facettes : "Je ne suis ni noire ni blanche, je suis aussi une femme de 57 ans, je suis une maman, je suis née dans l'Est."
Immigration : entre peurs et réalité
Interrogée sur le décalage entre perception et réalité, elle compare l'immigration à un train qui n'arrive pas à l'heure : "Le dernier arrivant est toujours celui qui a tort, qu'il soit italien, portugais, algérien, ou cambodgien." Elle reconnaît une montée des extrêmes en période de doute économique, mais insiste sur la richesse apportée par les migrants : "L'un des plats préférés des Français, c'est le couscous."
Mohed Altrad et Bun Hay Mean : des parcours inspirants
Le documentaire met en lumière le parcours de Mohed Altrad, devenu l'une des plus grandes fortunes françaises, et rend hommage à Bun Hay Mean, récemment décédé. Karine Le Marchand admire Altrad pour avoir "retourné le destin" et refuse de quitter Montpellier, la ville qui l'a accueilli.
Migration climatique : un défi à venir
Le documentaire aborde également la migration climatique. "Des régions entières du monde ne seront plus viables dans cinquante ans", prévient-elle. En France, de nouveaux types d'agriculture se déplacent vers le nord.
La France reste fraternelle
Malgré les peurs, Karine Le Marchand croit en la fraternité française : "Quand on voit le nombre d'associations qui aident les migrants, tout ce qui existe en France pour accueillir les gens, ces bras ouverts, cette fraternité font partie de son ADN."
Nouveaux projets : un club de célibataires
Après plusieurs documentaires, Karine Le Marchand a créé un club de célibataires, le Club des belles âmes, et organise des retraites dans le Sud. Elle continue d'animer "L'Amour est dans le pré" et se tourne vers des projets digitaux. Elle reste engagée pour le monde agricole, en crise actuellement.



