Virginia Woolf, une intellectuelle snob et vacharde dans ses lettres à sa sœur
Virginia Woolf, snob et vacharde dans ses lettres

Ceux qui persistent à vouloir voir en Virginia Woolf une intellectuelle austère ou une militante féministe radicale risquent d’être surpris s’ils se plongent dans ces 600 pages de lettres échangées entre l’écrivaine et sa sœur Vanessa Bell entre 1904 et 1941 : il y est souvent question de mondanités très chics, de domestiques, de résidences secondaires et de vacances luxueuses en France et en Italie.

Une correspondance intime et révélatrice

Le livre s’ouvre l’année de la première tentative de suicide de Virginia – âgée de 22 ans, elle se jette d’une fenêtre. Vanessa, 25 ans, veille sur cette petite sœur fragile atteinte de problèmes cardiaques et de maux de tête terribles. L’aînée se marie, a des enfants, alors que la cadette reste longtemps une éternelle adolescente avant d’épouser Leonard Woolf et de monter avec lui leur maison d’édition, la Hogarth Press. Elles vivent entre Londres et Monk’s House.

Des potins sur le Bloomsbury Group

Vanessa raffolant des "potins" dont Virginia truffe ses lettres, cette dernière lui transmet des indiscrétions sur leurs amis communs, dont les membres du Bloomsbury Group. Quand Virginia évoque John Maynard Keynes, elle ne parle pas de ses théories économiques, mais se moque de sa Rolls-Royce. On voit défiler Katherine Mansfield, le prince Bibesco, Jacques-Emile Blanche, Noël Coward… Virginia est volontiers vacharde.

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Un regard acerbe sur les autres

En 1908, à Glastonbury, elle goûte peu "les cyclistes de la classe moyenne qui étendent leurs corps affreux n’importe où". Un an plus tard, se rendant à Bayreuth, elle observe "les gens" : "Mon Dieu qu’ils sont laids !" Allant écouter Parsifal elle juge "le public mal fagoté et le théâtre miteux". "La lourdeur de la race allemande est renversante" ajoute-t-elle, rebutée par ces "colosses, hommes et femmes, buvant d’énormes chopes de bière". Elle préfère l’épiphanie d’une nuit d’ivresse à Syracuse.

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