Béziers : hommage à Harry Rolnick au musée taurin
Béziers : hommage à Harry Rolnick au musée taurin

Le musée taurin de Béziers rend hommage à l'artiste britannique Harry Rolnick (1944-1996) à travers une exposition retraçant son univers, particulièrement marqué par la corrida. Le vernissage s'est tenu ce vendredi 3 juillet dans l'émotion, en présence de sa femme Diane Rolnick et de l'un de ses fils.

Un artiste autodidacte fasciné par l'Espagne

Né à Londres en 1943, Harry Rolnick tombe sous le charme de l'Espagne et de la corrida à dix-huit ans. Autodidacte, il s'installe avec sa femme et ses deux enfants dans les Hauts Cantons du Biterrois. Sa passion pour la tauromachie imprègne une grande partie de son œuvre. "Pour lui, l'important était de montrer la beauté dans la mort", témoigne Diane Rolnick.

Au fond de la salle principale, un triptyque composé de portraits de deux matadors et d'une danseuse s'étend sur le mur. Les couleurs chaudes sur des fonds bleu et noir, les coups de pinceau encore visibles, témoignent du mouvement des sujets qui fascinaient tant l'artiste. "Il y a une sorte de force dans ses tableaux", exprime Diane.

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Des œuvres emblématiques et un héritage familial

Parmi ses portraits les plus reconnus, celui en hommage à Nimeño II, matador nîmois grièvement blessé par un taureau de Miura en 1987 à Arles, décédé en 1991. La passion pour la tauromachie dépasse le cadre artistique quand Harry Rolnick s'essaie à l'art taurin. Il transmet cette ferveur à l'un de ses fils, qui intègre l'École taurine de Béziers.

Pour Diane Rolnick, peu importe la position du public sur la corrida : "Même si tu n'aimes pas la mort, on peut reconnaître que c'est artistique". Elle évoque une "chaleur noire" qui représente "le côté sombre de la vie".

Diverses sources d'inspiration

La tauromachie n'a pas été la seule muse de l'artiste. Les murs du musée comportent également des nus, inspirés des statues du Louvre. Ces œuvres ont été réalisées à Paris, dans une période financièrement difficile. "Malgré la situation, il n'a jamais voulu arrêter de s'exercer, alors il allait au musée et en rentrant il peignait", raconte sa femme.

Juste en face de ces nus, une autre facette de l'artiste s'impose : sa passion pour le jazz. On retrouve des portraits de grands noms du genre musical, comme Dizzy Gillespie, trompettiste et chef d'orchestre de jazz américain.

Un hommage de l'Union taurine biterroise

L'Union taurine biterroise (UTB) a souhaité rendre hommage à cet artiste à travers cette exposition. "L'homme nous a quittés, mais l'artiste est là", a salué avec respect la présidente de l'UTB, Marie-Françoise Rouzier, lors du discours d'ouverture du vernissage. Les œuvres seront exposées au musée taurin de Béziers jusqu'au 20 septembre.

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