La Marche des fiertés de Montpellier, prévue ce samedi 20 juin, est marquée par le boycott de plusieurs collectifs queer emblématiques, dont Folle de Rage et Nuit Brune. Ces structures dénoncent une gestion opaque de la part de Fierté Montpellier Pride, l'association organisatrice. Le président de cette dernière, Olivier Vaillé, regrette un manque de dialogue et rejette les accusations.
Des collectifs queers claquent la porte
Depuis plusieurs semaines, des collectifs comme Nuit Brune, Dragnini, Folle de Rage et La Madrediosa ont annoncé leur absence à l'édition 2026 de la Pride. Ils reprochent à Fierté Montpellier Pride un manque de transparence dans ses décisions, des difficultés d'accès aux chars, ainsi qu'un défaut de reconnaissance envers les collectifs, artistes et bénévoles qui animent la communauté LGBTQIA+ locale.
Dans un communiqué publié en mai, les signataires précisent qu'ils ne cherchent pas « à empêcher la tenue de la Pride 2026 ni à faire disparaître une association qui a, depuis trente ans, contribué à l'histoire LGBTQIA+ montpelliéraine ». Leur objectif est plutôt « d'interroger la gouvernance d'une structure dont les dysfonctionnements sont aujourd'hui documentés par ses propres anciens présidents ».
Une dette de plusieurs dizaines de milliers d'euros
Les collectifs contestataires évoquent notamment une dette accumulée au fil des années. « Il y a six ans, nous avions environ 120 000 euros de dettes. Aujourd'hui, nous sommes revenus à 40 000 euros », répond Olivier Vaillé, président de Fierté Montpellier Pride. Il explique cette situation par les annulations successives de certaines éditions de la Pride.
Olivier Vaillé regrette également un manque de dialogue avec les collectifs. « Ils peuvent venir, adhérents ou non, consulter les bilans d'activité et les comptes de l'association. S'ils ont des interrogations, nous pouvons organiser un rendez-vous avec notre expert-comptable », assure-t-il.
Le déménagement du siège en question
Le communiqué critique aussi le déménagement du siège de Fierté Montpellier Pride, de Louis-Blanc vers l'avenue Clemenceau. « L'association était propriétaire de son local. Elle ne l'est plus. Cette propriété garantissait une indépendance matérielle vis-à-vis de tout pouvoir politique local », écrivent les signataires. L'association a signé avec la Ville une convention d'occupation temporaire d'un an, dans l'attente d'une éventuelle cession définitive envisagée d'ici à la fin de l'année 2026.
Une assemblée générale extraordinaire réclamée
Les collectifs demandent désormais la tenue d'une assemblée générale extraordinaire afin d'élire un nouveau conseil d'administration « représentatif de la diversité de la communauté queer locale ». « Je n'ai aucune leçon à recevoir. Tout le monde commet des erreurs. Mais ce système de bashing sur les réseaux sociaux, je ne le cautionne pas », conclut Olivier Vaillé.
Derrière la fête, c'est toute une communauté qui interroge sa propre organisation et sa gouvernance.



