Vingt ans, ça se fête. Et à Millau, pas question de se contenter d’une cérémonie symbolique : c’est tout un mois d’animations en mai qui va rythmer la ville pour célébrer le jumelage avec Sagunto. À 750 kilomètres de distance, la cité aveyronnaise et cette ville du Levant espagnol, située au nord de Valence, partagent bien plus qu’un partenariat : une histoire, des influences communes et même des traces concrètes.
Des racines communes mises en lumière
Ces passerelles entre les deux villes seront au cœur de plusieurs conférences à la salle René-Rieux. Le 20 mai, le directeur de l’archéologie de l’Aveyron, Philippe Gruat, évoquera l’empreinte romaine à Millau et à Sagunto. « C’est un sujet qui fait sens, souligne Dominique Torres, président du comité de jumelage. On retrouve de nombreux vestiges romains à Sagunto, et même des fragments de poterie réalisés à la Graufesenque. » Le 27 mai, Françoise Galès, directrice des archives et du patrimoine de la ville, proposera une conférence sur le royaume d’Aragon, auquel les deux cités ont appartenu. Enfin, le 29 mai, François Godicheau, professeur d’histoire à l’université de Toulouse, interviendra sur la guerre d’Espagne.
Expos, cinéma et animations : toute la ville mobilisée
Dès le 5 mai, plusieurs lieux millavois se mettent aux couleurs espagnoles. La Maison de Ma Région accueillera une exposition consacrée au camp de Rivesaltes et à Sagunto. À la mairie, les visiteurs partiront à la découverte de la cité espagnole, tandis que l’hôtel de Tauriac accueillera une rétrospective des 20 ans de jumelage. Le 6 mai, le film d’animation Josep, signé Aurel, sera projeté, rendant hommage au dessinateur Josep Bartolí, exilé pendant la guerre civile.
Les plus jeunes aussi prendront part à la fête. Le 28 mai, les élèves des écoles de Beauregard à Millau et de Bellevue à Aguessac participeront à un grand jeu de piste dans la ville, animé en espagnol par une vingtaine de bénévoles du comité de jumelage. Les plus petits, eux, se retrouveront au parc de la Victoire avec des animations dédiées. Autre clin d’œil : une mascotte imaginée par les élèves de Beauregard avec le dessinateur DAF sera présentée. « Elle fera référence à Emma Calvé et à l’opéra Carmen, pour illustrer le lien entre Millau et l’Espagne », précise Dominique Torres.
Une journée de clôture festive le 30 mai
Point d’orgue de cet anniversaire : la journée de clôture du 30 mai. Dès le matin, la cour du Créa accueillera un marché d’artisans, entre ganterie, Roquefort et savoir-faire locaux, le tout animé par des danses et musiques traditionnelles. L’après-midi, près de 180 choristes feront résonner chants occitans et espagnols à la salle René-Rieux, avant un spectacle de flamenco de la compagnie Anita Losada. Puis direction la place des Consuls en soirée, où l’école de danse Le Labo de Sébastien Crochard se mêlera à l’art urbain des artistes d’Abyayala-Fresques, réalisant le décor en direct, avant de laisser place au DJ set de Croch’art. « L’art urbain fait aussi le lien avec Sagunto, où il est très présent. Nous souhaitons créer un échange entre artistes », explique Dominique Torres. Un projet de fresques croisées entre les deux villes est d’ailleurs envisagé sous le pont SNCF, boulevard de Bad Salzuflen, ainsi que la dénomination du rond-point adjacent en « giratoire Sagunto ». Un anniversaire qui regarde autant vers le passé que vers l’avenir, et qui promet, surtout, de faire vibrer Millau pendant tout le mois de mai.



