Lascaux IV : 10 ans de médiation avec Christian Pérez
Lascaux IV : 10 ans de médiation avec Christian Pérez

Ouvert en décembre 2016 à Montignac-Lascaux, le Centre international de l’art pariétal célèbre ses dix ans cette année. Médiateur depuis l’ouverture, Christian Pérez accompagne des milliers de visiteurs chaque année.

Une reproduction fidèle

Lascaux IV n’est pas vraiment l’image que l’on se fait d’une grotte. On ne descend pas sous terre, on explore des bâtiments en béton, où les premières œuvres d’art ont été reproduites à l’identique. La grotte de Lascaux, l’originale, a été fermée en 1963, pour être préservée. En cette année 2026, voilà dix ans que touristes et passionnés d’histoire peuvent profiter d’une reproduction quasi parfaite d’un des monuments les plus vieux de l’humanité.

« Les visiteurs ont cette idée de descente et nous ici, on fait un peu le contraire, on commence la visite en montant pour contextualiser à l’extérieur », glisse Christian Pérez, 40 ans, haute stature et voix posée. Depuis 2016, il est l’un des visages de ce centre international devenu une étape majeure du tourisme culturel en Dordogne.

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Des larmes devant le chef-d'œuvre

Si certains ont connu Lascaux II - une première reproduction moins complète -, ouvert en 1983 à quelques centaines de mètres de l’originale, d’autres découvrent seulement à l’entrée que la « vraie » grotte n’est plus accessible. « On leur explique pourquoi. En venant ici, ils participent à sa conservation. » Aujourd’hui, seuls la conservatrice et quelques scientifiques y pénètrent, pour un nombre d’heures strictement limité.

Transmettre et raconter l’histoire : c’est ce qui anime Christian Pérez dans son activité de médiateur. « Connaître l’évolution des différents êtres humains, leur adaptation à leur environnement, ça me plaît », avoue-t-il. Il mène quatre visites par jour en moyenne : parfois en anglais ou en espagnol, parfois déguisé en Cro-Magnon pour aider les enfants à comprendre ou parfois en approfondissant sa narration, pour les plus férus d’histoire.

En dix ans, il a vu défiler des milliers de visages. Des scolaires bruyants, des passionnés intarissables, des familles en vacances. « Aucune visite ne se ressemble. Je ne m’ennuie jamais. » Et parmi elles, il y a celles qu’il n’oubliera jamais : « À trois reprises, des personnes se sont mises à pleurer. C’est très impressionnant de voir les gens s’émouvoir devant un tel chef-d’œuvre. »

Une histoire en mouvement

Titulaire d’un master d’histoire, il a fait ici ses premiers pas professionnels. « J’ai été pris sous l’aile de Denis Tauxe, le préhistorien de Lascaux à l’époque. Il nous a transmis tout ce que l’on pouvait dire de la grotte. » Dix ans plus tard, le discours s’est affiné. La science a avancé.

À l’ouverture, on évoquait des restes d’homo sapiens vieux d’environ 200 000 ans. « D’autres recherches ont montré que finalement, ceux qui ont fréquenté la grotte de Lascaux avaient une ancienneté d’au moins 100 000 ans antérieure à celle qu’on pensait », relate le médiateur. Les fouilles menées sur le site de Jebel Irhoud, au Maroc, sont venues bouleverser la chronologie : notre espèce aurait au moins 300 000 ans.

Même s’il veille sur Lascaux IV depuis son ouverture, Christian Pérez n’a pas eu la chance de rentrer dans l’originale. « J’ai réussi à aller devant l’enclos protecteur. Il nous est formellement interdit de franchir ce portail, même pour les guides », regrette-t-il.

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